‹ Contributions à la faune ornithologique de l'Europe occidentaleChapitre 79 sur 208 · RP · texte numérisé non relu

RP

«Les Guaranis le nomment gréquazu (rand Canard) et les Espaguols « Pato Real ou Grande, parce que c'est le plus grand de tous ceux de la « contrée... » (d’Azara).

D'un brun noir, avec des reflets verts et wiolets en dessus. Couverlures des ailes blanches. Partie super. des Lorums garnie de verrues d’un rouge norrûtre. Mâle offrant un lubercule sur le bec. (Max). Long. tot. 32” (Max).

Mare. — Îris d’un brun jaune. Pieds d’un gris brun noirâtre. Bec noirâtre, pourvu d’une bande transversale

d’un blanc bleuâtre au devant des narines ; extrémité de celui- ci d’un rouge carné päle, son milieu bleuâtre ; onglet noirâtre. Peau nue des Lorums d’un noir brunâtre, avec quelques petites taches rouges. Verrues d’un rouge carné foncé, quelques-unes offrant des taches rouges. Tout le plumage d’un noir brunâtre, d’un vert de bouteille sur la tête, d’un magnifique vert métallique à reflets violets sur le dos, les ailes et le reste du dessus du corps. Rém. d'un très beau vert à reflets bleu d'acier. La plus grande partie des Couvert. al. est blanche. Ventre et dessous du corps d'un brun noirâtre, sans reflets. Souscaud. d’un vert brillant. Couvert. du dessous de l’aile d’un brun noirâtre, quelques-unes étant liserées étroitement de blanc. Long. tot. 82”. Bec. 2”7”. Sa hauteur 4”. Aïle 43° 3%. Oueue 173". Tarse 2727. (Max).

FEMELLE. — Bec sans tubercule. Lorums emplumés, ainsi que tout le pourtour de l'œil. Quelques verrues rouges vers l’angle du front et Le bord supér. des Lorums. Bec d’un noir brunâtre, ainsi que l’onglet; derrière celui-ci le bec est d'un gris rougeâtre, tirant plus sur le rouge vers le bord infér. Au devant des narines se trouve une bande transversale d’un cendré bleuâtre teint de carné. Tête et cou d’un brun noirâtre; cette couleur est mélangée de blanc argenté sur la gorge. Le reste comme chez le Mile; seulement le noir tire plus sur le brunâtre, et toutes les parties supér. offrent moins de reflets. Long. tot, 257.107: Bec: 11175 Aile 447 91(Max).

JEUNE. — Les deux sexes offrent les mêmes nuances: seulement le Mâle est un peu plus grand que la Femelle. Scapulares sans trace de blanc. Les reflets sont peu prononcés. Les verrues des Lorums sont peu marquées chez le Mâle et manquent tout à fait chez la Femelle. Le Mâle est aussi sans tubercule. (Max).

HABITAT.— Parana. Jamaïque. Cuba, où il a été importé à l'état domestique. (Gundl.). Rép. des Honduras, lac de Yoja, C. (C. Taylor.) Amér. centr. Turcoman, État de la Plata. Couvert. al. du mâle entièrement blanches. (Burmeister). Jamaïque. (Gosse). Trinit'. (Léotaud). Paraguay. (d'Azara). Brésil, (Max ).

Mœurs. — « Ne se trouve que sur les lacs et les rivières entourées de « forêts vierges, jamais dans les contrées découvertes... Ces Oiseaux sont « timides, difficiles à approcher et à tirer ; ils vivent par couples à l’épo- « que de la reproduction ; dans d’autres temps ils se réunissent par groupe « composés d’une famille ou en grandes bandes. Ils habitent les fourrés « de roseaux ou de plantes aquatiques des pays inhabités... Le matin, ils « sortent de leur retraite en se dirigeant contre le vent, et se posent dans « les endroits de la rivière qui leur offre une nourriture abondante ; celle- « ci consiste en semences, insectes aquatiques, crustacés, mollusques, vers, « plantes aquatiques, etc. J’ai souvent trouvé des Limaçons dans leur « gésier. Vers le soir, ils s’envolent de nouveau pour se rendre vers leur « gite, où l’on peut facilement les tirer si l’on a eu le soin de se cacher, « préalablement. ;

« Is se posent ordinairement sur les arbres, particulièrement sur les « branches lisses et toujours horizontales du Cecropia, qui se trouve en « grande quantité sur les bords des fleuves boisés du Brésil. Leur vol est « extrêmement rapide, et produit un sifflement. Leur cri est peu sonore, et « on peut en avoir une idée d’après celui de la Race domestique. » (Max.).

Trinité. « Ce Canard assez commun ici autrefois, est devenu très rare « par la chasse qu’on lui à faite. Il niche dans le pays. Presque toujours « seul, parfois avec sa femelle, rarement en troupe, il passe presque « toute la journée à nager dans les étangs ou dans les rivières de nos « endroits noyés, cherchant partout les fruits de plantes aquatiques « dont il se nourrit. Aux approches de la nuit, il se réfugie sur un arbre,

« où se rendent plusieurs individus pour passer la nuit; aussi est-ce le « Canard percheur par excellence. Sa chair, quoique bonne, est cepen- « dant inférieure à celle de quelques-uns de nos autres Canards. Elle a Qun petit goût musque. » (Léotaud).

Voyez A. et E. Newton, bis, p. 232. 1859.

W: T. March. Proc. Ac. Nat. Sc. Philad., p. 12.480%.

PROPAGATION, — Établit son Nid sur les arbres. La ponte a lieu deux ou trois fois dans l’année. Chacune est de 12 à 18 œufs tout à fait ronds, et d’un blanc verdätre. (Vieillot). |

.CAIRINA MOSCHATA DOMESTICA Reichb. Zandb. pl. 95. | f. 198, 9:0. (1830).

ANAS MOSCHATA, L. Syst. p. 124. (1758).

À. MOSCHATA. Br. Orn. VI p. 313. (1760).

Le Canard musqué. B. Ois. IX. pl. IX. (1783).

Die Bisamente. Bechst. Naturg. Deutschl. 1. p. 636. (1791).

Une large plaque de peau, d’un rouge fort vif ct semé de papilles, couvre la plus grande partie des joues, s’étend jusque derrière les yeux, et s’enfle sur la racine du bec en une caroncule rouge, que l’on a comparée à une cerise. Ce tubercule manque à la Femelle, ainsi que le bouquet de plumes étroites un peu contournées, qui pend derrière la tète du Mâle; elle est aussi moins grande... Tous deux,

depuis que leur Espèce, ou une portion de leur Espece a : été élevée dans nos basse cours, ont subitoutes les variétés

du plumage que produit une longuc domesticité. Tantôt le Mâle est blanc, tantôt c’est la Femelle, qui est blanche; tantôt tous deux sont noirs et tantôt de divers couleurs:

PAL NE SN EC NS RE +e

mais plus communément noirs et variés de différentes teintes. (Vieillot).

Historique. — « Vit en domesticité en Amérique depuis des siècles, même avant la découverte de ce continent. Introduite en Europe, l’Espèce y est retournée à l'état sauvage sur les bords de la Caspienne. (Schleg.).

« Le Canard musqué peuple les basses-cours de nos colonies de l’Améque. On l'a depuis longtemps apporté en Europe, où il est d’un-bon rapport par sa fécondité, sa grosseur, et la facilité avec laquelle il s'engraisse; mais il est de plus grande dépense que toutes les autres volailles, et si l’on veut en retirer un parti avantageux, il faut le nourrir largement. Scaliger et Olivier de Serres ont dit que ce Canard tait muet. Peut-être que nouvellement transporté dans nos climats il avait perdu la voix, comme nos chiens la perdirent en Amérique; mais il est certain qu’il fait entendre un cri grave et fort bas; on ne l'entend que de très près, et ce cri se réduit à la syllabe La. Plus gros que nos Canards, celui-ci est aussi plus lourd et plus lent dans sa marche. Il s’apparie avec la Cane commune, et de cette union proviennent des métis qui n’engendrent pas entre eux, mais qui se mêlent et produisent avec l’Espèce commune... C’est en croisant ainsi les deux Espèces que l'on obtient de belles et utiles variétés. » (Vieillot).

Voyez pour ces hybrides l’article de l'Anas boschas.

On élève près de Tarbes une race de ces Oiseaux parmi lesquels on

trouve souvent des sujets dont le plumage se rapproche beaucoup de ceux qui sont à l'état sauvage. Ces Canards ont de la propension à s'échapper.

C'est peut-être deux exemplaires domestiques qui ont été tués par le

commandant Loche, près de Bordeaux, et qui sont signalés dans l'Ornithologie de Deglaud.

PROPAGATION. — À l’état domestique, ces Oiseaux se construisent par

terre un nid de büchettes et de paille, dans le voisinage d’un bourbier ou d’un fossé, et le revêtent de leurs plumes. Œufs un peu plus gros que ceux de l’'Anas tadorna, un peu piriformes, ventrus et offrant un éclat peu prononcé, d’un blanc terne faiblement teinté de jaunâtre ou de verdâtre. A l’état sauvage, ils sont verdâtres. (Bädecker, Brehm et Pässler, D. Eier d. europ. Vôg. pl. 68. f. 2).

Thienemann, Fortpflansungsgesch. pl. LXXX, f. 10.

Juin 1888.

TRIBUS II. — ANATINÆ,.

ANATINA. Vig. Gen. of B. (1825).

Bec peu élevé à sa base. Mandibule supér. souvent plus large vers l’extrémité que dans le reste de son étendue. Mandibule infér. cachée par les bords de la supér. Narines rapprochées de la base du bec. Cou mince, plus ou moins allongé. Tarses placés dans l’équilibre du corps. Pouce dépourvu de lobule. Palmures relativement peu étendues.

Moins habiles plongeurs que les précédents, leur démar- che à terre est beaucoup plus facile par suite de la position de leurs pieds. Leur vol est très soutenu, ils voyagent ordinairement en troupes et de nuit. Leur nourriture est aussi plus variée que celle des Fuligulinæ ; is barbotent dans la vase pouf y chercher de petits coquillages, des vers, des insectes, des semences et même des plantes. (Bailly).

STIRPS A. — MARICEÆ.

Taille médiocre. Bec court. Queue pointue.

ee 2

GENUS. MA RICA. Steph. Gen. Zool. (4824).

PENELOPE. Kaup, Nat. Syst. (1829).

Pfeifenenten. Schleg. Krit. Uebers. (1844). *

Marica, nom d’une Nymphe des environs de la ville de Minturne. (Horace). On ne doit donc pas écrire Mareca. |

Penelope, nom spécifique pris comme terme générique.

Pfeifenenten, Canards siffleurs.

Bec court, un peu plus haut que large à la base. Lamelles larges, presques cachées par les bords de la Mandibule supér. Rectr. médianes un peu effilées, dépassant les latérales, qui sont aussi un peu acuminées. 1° Rém. un peu plus courte que la 2°.

pene e. x

1. MARICA FISTULARIS. Steph. Gen. Zool. XII. p. 131. pl. 50. (1824).

ANAS PengLope. L. Syst. p. 126. (1758). |

Braune Ente. Pfeifenente. Klein, Verbess. Hist. d. Vôg. p. 139. (1760).

ANAS FISTULARIS. Br. Orn. VI. p. 391. pl. 35. f. 2. (1760). .

Morignana, bibbio o fischione. ** Stor. degli Ucc. V. pl. 585-586. (1767). | ie

Le Canard .siffieur.:B. Ois. 1X.ip. 169 pl: 10'et 11:78 Enl. 825 ©. | |

Wigeon. Penn. Arct. Zool. III. p. 302. (1792).

Anis KAGolxka, fistularis et Penelope. Brehm. Jsis. p. 998. (1830). — Handb. p. 872-875. (1831). — Naumannia, p.297. (1855). — Vogelf. p. 373. (1895).

Mareca PENgLope. Selby, Brit. Orn. II. p. 324. (1833).

M. PeneLoPe. Gould, Eur. pl. 359. (1837).

M. PENELOPE, Bp. Comp. List. p. 65. (1838).

M. Pexecope. Reichb. Handb. pl. 92. f. 165-170. (1850).

= ANAS FISTULARIS. Dubois. Dis. Belg. pl. 273 (1857).

MarecA PENELOPE. Gould, B. Great Brit. V. pl. 13. (1870).

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Le AE

F'istularis, de Fistula, chalumeau, flute.

Penelope, nom qui a été donné aussi au Milouin. par les anciens ornithologistes, mais que Linné a appliqué au Canard siffleur. Voici ce que dit Buffon, d'après Aldrovande, sur ce nom : « On appelle cet Oiseau @ Pouvrxokeyvoy, collum phœnicei coloris. Suivant Tzetzes, ces Oiseaux « avaient porté au rivage Penelope encore enfant, jetée dans la mer par « la barbarie de son père Icare; le Penelope cst donc certainement un « Oiseau d’eau. Pline dit plus expressément : Penelope ex anserina genere. « (Ein. X, cap. 22). »

« Hesychius croit que les deux mots Chenelops ou Penelops désignent « le même Oiseau. » (D’après Rud. Heusslin, trad. allem. de Gessner. p. XXXHIL.) |

Islandais : Randhôfdi Graænd (prononcez Raeuheufdi graoeund, ou tout simplement Raudhkôfdi (tête rouge) (Krüper).

Suédois: Bläsand. (Nilsson). Blüs, trait ou tache blanche sur le front d’un cheval. Brunnacke. (Nilsson). Brun, brun; Nacke, nuque.

Allemand : Pfeifente. (Bechst.) Canard flûte.

Danois : Pibeand. (Teilmann).

: MARICA AMERICANA. Steph. Gen. Z. XII. p. 135, (1824).

Canard Jensen ce la Louisiane. B. Enl. 955. ©.

ANAS AMERICANA. (4m. Syst. p. 526. (1788),

AN. AMERICANA. Wils. Am. Orn. pl. 69. f, 4. (1814).

MARECA AMERICANA (corrigé ci-dessus). Steph. Gen. Zocl. XII. p. 135. (1824).

M. AMERICANA. Brebm, Zsis. p. 998. (1830). — Handb. p. 875. (1831). Nuumannia. p.297. (1855). — Vogelf. p. 313. (1855).

M. auERicANA. Reichb. Æandb. pl. 92.f. 159-161. (1850).

M. AMERICANA. Caban. J. f. O p. 227. (1857).

À la Louisiane : Canard gris, Zinsin. (Vicillot). A la Baie d'Hudson : Atheikimoashrep. (Id.).

Mae. — Dessus de la tête et front blancs. Côtés de la tele, gorge el cou variés de noir et de blanc. Une bande longitudinale d'un vert brillant et à reflets derrière l'œil (cette bande n’existe pas chez l’Espèce d'Eu-.

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