Acmæodera tæniata et ses satellites
Notre vieille espèee européenne est si connue de tous les entomologistes qu’il est inutile d’en parler. Sa pubeseenee seule suffirait à la faire reconnaître : elle est formée de poils blancs squammi formes, relativement très minces, hérissés et bien visibles sur la dernière moitié des élytres. C’est la seule qui ait des éeailles aussi filiformes.
A côté d'elle, viennent se placer :
1° hirsutula Gory, d’Algérie. Couleur d’un noir violacé, sans tache rouge sur les élytres; forme plus acuminée en arrière que chez tæniata; écailles élytrales beaucoup plus larges. Me paraît constituer un type bien distinct.
2° Mimonti Boield., d’Eubée. Noir (d’après la description et la gravure); corps plus large que celui de tæniata; deux bandes jaunes très obliques sur les élytres.
3° Placida Baudi, de Chypre ( Paul Maclon!) et de Syrie ( Delagrange ). Uniformément bronzé, à squamules larges; plus convexe et plus étroit que tæniata; en général môme plus petit. Deux bandes obliques sur les étuis, précédées de plusieurs points jaunes et suivies d’un autre apical.
4° Persica Mann., de Perse. Bronzé-obscur, maculé de fauve, surtout latéralement; ayant un point sur le front. De taille supérieure en général. Il n’est pas question de sa pubescence, et je ne puis me faire une idée exacte de cette espèce.
5° Decorata Mars., d’Arménie. Bleue sur le corselet, verte sur les élytres, à squamules blanches bien visibles, môme sur le clos du corselet; élytres à deux bandes jaunes escortées d’un certain nombre de petites taches.
6° Albifrons Ab. 7 mill. — du Caucase. Bronzée sur l'avant-corps, violacée sur les élytres; écailles médiocrement larges, couvrant la moitié antérieure de la tête et les côtés seulement du corselet, ainsi que le bout des élytres, où elles sont alignées en séries. Corps plus large que celui de tæniata. Elytres portant deux bandes jaunes peu obliques, ornées en outre de 7 ou 8 taches vers leur base et d’une autre vers l’apex, sur chacune d’elles.
7° Impunctata Ab. 7 ]/? mill. — Des Monts Amanus (Syrie). Bronze-cuivreuse sur l’avant-corps, bronzé-violacée sur les élytres. Tête complètement couverte de squamules larges, très blanches, ainsi que les côtés du corselet et le dessous du corps. Corps large. Sillon thoracique médian profond; un large enfoncement tenant toute la largeur du corselet, parallèle cà la base. Elytres à trois fascies jaunes peu obliques, ayant en outre une tache marginale entre la l rc et la 2 me , et une autre subarrondie entre la 3 mc et l’apex; stries régulières, mais imponctuées; interstries fortement rugueux. Bout des élytres à squamules blanches soulevées.
Il ne serait pas impossible que la placida ne constituât qu’une simple race de la Mimonti. J’admets bien plus difficilement que Yalbifrons puisse se rattacher à la decorata , dont la couleur est absolument différente, dont le milieu du corselet porte des squamules blanches, et non des poils bruns, et dont enfin la patrie est autre. Valbifrons s’éloigne en outre de la tæniata par l’épaisseur de ses squamules et son corps plus large; de Yhirsutula par ses élytres moins acuminées et tachées de jaune; de la Mimonti par ses écailles frontales et thoraciques blanches et non jaunes, par la couleur de son corps et ses bandes élytrales peu obliques; de la placida , par la largeur de son corps et ses squamules frontales blanches, même à leur base; enfin de Y impunctata, par ses stries fortement ponctuées et sa tête non entièrement couverte de squamules blanches.
Ces deux derniers caractères, surtout le premier qui est important (stries imponctuées), isolent Y impunctata de toutes ses voisines.
Mais, Yhirsutula mise à part, il faudrait pour avoir une opinion éclairée sur les autres formes litigieuses, pouvoir les étudier sur de nombreux spécimens, ce qui 11 e 111 ’a point été donné.