CONCESSIONS FORESTIÈRES
2° Le deuxième groupe comprend toutes les concessions forestières aftermées par ke gouvernement provincial à des particuliers ou à des compagnies. Ces concessions sont couramment appelées “ limites à bois. ”
Les territoires sous licence de coupe occupent environ 45 millions d’acres. Commençant aux limites de nos villages, ils s'étendent, sur la rive nord, presqu'aux sources des divers affluents du Saint-Laurent, et, sur la rive sud, ils atteignent souvent les frontières mêmes de la province.
Les concessions forestières occupent donc une grande partie de notre pays, généralement la plus montagneuse, telle que les Laurentides, les monts Notre-Dame et les monts Shickshocks.
Les forêts de ce groupe sont d'un caractère très variable. Les bois mous prédominent ici. Ainsi les pins de la vallée de l'Outaouais, le cèdre de la Gaspésie et les épinettes du Lac Saint-Jean ou du haut Saint-Maurice sont caractéristiques de ces différentes régions. Aux conifères que je viens d'énumérer, 1l faut ajouter le sapin baumier, la pruche et le tamarack ; parmi les bois francs, le merisier, l’érable dur, le hêtre et le bouleau à papier s: t les plus abondants. Tous ces bois sont de belle taille sans atteindre toutefois les dimensions des arbres du premier groupe. L'accroissement annuel des tiges est aussi beaucoup plus lent que sur les bords du Saint-Laurent ; cela tient à l’infériorité du sol, à 1» ‘atitude et souvent à l'exposition. En général, ces terrains semblent : quement bons à la culture des bois ; je crois que 75% de ces terres de. a.ent rester boisées.
Il demeure encore très peu de forêts vierges dans ce groupe, car voilà plus de cinquante ans qu’on les exploite. On y a fait tout le bois possible, suivant les besoins du narché. L'évolution de l'exploisation a éé particulièrement remarquable. On a commencé par ne prendre que le plus beau des pins blancs, alors appelés pins jaunes, on se rabattit ensuite sur le pin rouge puis sur l’éninette, et aujourd'hui on exploite tous les bois flottables. Comme les bois francs sont généralement plus lourds que les bois mous, ils ont été en partie épargnés et forment une précieuse réserve pour le futur. Mais des conifères, il ne demeure plus que les bois de seconde venue.
Le total des coupes sur les concessions forestières s'est élevé en 1906 à un peu moins qu'un billion de pieds (mesure de planche). Ces produits concistaient en bois équarris (merisier principalement), en bois de sciage (pin
blanc, pin rouge, pin gris ou cyprès, épinerte blanche, épinette noire, cèdre,
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merisier, bouleau et tremble) ; en dormants (cèdre, pin gris, pruche et tamarack) ; en bois de fuseau (bouleau à papier), etc.
Le total des argents perçus par le Département des Terres et Forêts des licenciés et autres pour droits de coupe, ventes de limites, etc., s'est élevé, durant le même exercice fiscal, à $1.266.114. soit plus de six fois le revenu de
Les concessionnaires exploitent soit des scieries, soit des pulperies ou des usines à papier, ou d’autres petites industries. Ce sont les véritables industriels du bois dans notre province. Ce groupe comprend donc les grands propriétaires, aussi appelés les marchands de bois.