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DE L’AIR

son élasticité ; c’est-à-dire, sa faculté d’augmenter ou de diminuer de volume, suivant qu’il est plus ou moins comprime'; c’est une propriété dont je vous ai dit que les liquide» sont privés.

Emilie.

Je crois que je comprends très-bien Fêlas-* ticité de l’air, parce que vous nous avez déjà dit sur ce sujet (1); mais ce qui m’embarrasse c’est qu’il ait quelque pesanteur; s’il est pesant et que nous en soyons environnés, corn* ment n’en sentons-nous pas le poids?

Caroline.

Il doit être impossible de sentir le poids de particules si infiniment petites que celles dont l’air est composé; des particules qui sont trop petites pour être vues, doivent être trop légères pour être senties.

Vous vous trompez * Caroline ; Fair est beaucoup plus pesant que vous ne l’imaginez; il est vrai que les particules qui le composent

(i) Voyez page 53.

544 DFS PROPRIETES MECANIQUES

soot petites; mais réfléchissez à leur quantité; Fatmosphère s’étend environ à la distance de 45 milles ( i5 lieues ) de la terre , et sa pesanteur est telle qu’on a calculé qu’un homme de taille moyenne ( au moment oit l’ai» est

le plus pesant) doit soutenir ie poids d emiioo i4 tonnes ( sg4oo livres ).

Caroline.

Est-il possible ! J’aurois cru qu’un tel poids aurait réduit un homme en poudre.

Emilie.

C’est ce qui arriveroit , a la vérité , s’il si?y avoit pas une pression égale sur toutes les parties du corps; mais, quand elle est ainsi répandue , on peut supporter un poids meme beaucoup plus gi and , sans en ressentir aucune incommodité. En nous baignant nous supportons le poids et la pression de l’eau, outre celle de Fatmosphère; mais comme celte pression est distribuée également par tout le corps, nous la sentons à peine; tandis que si vous cha'gsez vos épaules, votre tête, ou quelque partie que ce soit de votre corps, d’un poids additionnel de cent livres, vous y succomberiez. Outre cela, nos corps con~

DE Ij’AIR*

tiennent de l’air , dont le ressort contrebalance le poids de l’air extérieur , et nous rend moins sensibles à sa pression»

Caroline.

Mais s’il étoit possible de me débarrasser du poids de l’atmosphère , ne me senlnois-je pas plus légère et plus agde?

Mad. B.

Au contraire, l’air qui est au dedans, ne rerenconirant pas de pression extérieure pour tenir son élasticité, tendroit voue corps, et à la fin, le fanant crever, terimneroii ainsi

votre vie.

Caroline.

Ainsi, ce poids de l’atmosphère, par lequel je craignois d’être écrasée, est réellement essentiel à ma conservation.

Emilie.

J’ai vu une fois ventouser, et on nie dit alors que l’enflure sous Sa ventouse se produisoit en soustrayant à celle parue la pression de l’atmosphère; mais je ne pouvons pas

comprendre comment cette pression produis soit un tel effet. i

La pompe pneumatique nous procure le moyen de faire une grande variété d’expériences intéressantes sur le poids et sur la pression de l’air; vous en avez vu quelquesunes; ne vous rappelez-vous pas que, dans Je vide produit par cette pompe , les substances de différens poids tombent au fond dans le même espace de temps; pourquoi cela n’arrive-t-il pas dans l’atmosphère?

Caroline.

Je me souviens que vous nous avez dit que c eioit a cause de la résistance, que les corps

légers rencontrent de la part de l’air pendant leur chute.

Mad. B.

Oui ; en d’autres termes , parce qu’ils sont supportés par l’air, qui prolonge ainsi le temps de ,eur cIlule- Mais si l’air n’avoit point de tuasse , comment pourroit - il supporter les autres corps , ou retarder leur chute?

DE d’air. 54 7

Je vous montrerai maintenant quelques autres expériences, qui démontrent dune manière frappante le poids et 1 élasticité de l’air. J’attacherai un morceau de vessie sur ce récipient, qui, comme vous l’observerez, est ouvert aussi bien en haut qu en bas.

Caroline.

Pourquoi commencez - vous par mouiller la vessie?

Elle s’étend en se mouillant , et se contracte en se séchant ; elle devient au»si plus molle et plus maniable quand elle est humide , en sorte que je peux mieux 1 ajuster , et quand elle sera sèche elle sera plus tendue. Il faut la tenir près du leu pour la sécher * mais pas trop près , de peur qu’elle ne se crève par une contraction soudaine, fixonsla à présent sur la pompe pneumatique , et soutirons en l’air. — V ous n aurez pas peut si vous entendez une détonation.

Emilie.

Elle a été aussi forte qu’un coup de fusil, et la vessie a crevé! Expliquez-nous , je vous

prie , comment Fair agit dans cette expérience ?

Mad. B.

C’est l’effet du poids de Fatmosphère sur la surface supérieure de la vessie , quand j’ai oté l’air de l’intérieur ; parce qu’il n’y a plus eu de réaction pour contrebalancer la pression de l’atmosphère sur le récipient. Tous avez vu connue la vessie éioit pressée du dehors en dedans par le poids de Fair extérieur , à mesure que je pompois , et avant que le vide lût complètement formé ; la vessie , incapable de soutenir la violence de la pression , a crevé avec l’explosion que vous avez entendue.

Je vous montrerai à présent une expérience qui prouve l’expansion de l’air contenu dans un corps , lorsqu’il est déchargé de ia pression de l’air extérieur. Vous n’imagineriez pas qu’il y eût de l’air contenu dans cette pomme ridée; mais voyez ce qui se passe quand je la place dans le récipient dont je soutire Fair.

Caroline.

Que c’est étrange î elle devient toul-à-fait

DE i/AIRo

enflée , elle semble une pomme fraîchement cueillie®

Mad. B®

Mais à mesure que je fais rentrer l’air dans le récipient, on voit la pomme reprendre ses rides. Quand j’ai écarté la pression de l’atmosphère , l’air qui est dans la pomme s’est dilaté et l’a enflée; mais dès que j’ai tait rentrer l’air atmosphérique , la dilatation de l’air intérieur a été arrêtée et réprimée ; la pomme alors est revenue à ses premières di-

mensions.

Vous pouvez faire une experience sera*»

blable avec cette petite vessie qui , comme vous le voyez , est parfaitement flasque , et dans cet état, semble ne point contenir d’air; j’attacherai le col de la vessie de maniéré que l’air qui reste ne puisse s’échapper, apres quoi je la mettrai sous le récipient. Observez comme, à mesure que je pompe, la vessie s’enfle ; cela vient de la grande dilatation qu’éprouve la petite quantité d’air qui y étoit renfermée quand je lai attachée; mais aussitôt que je laisse entrer l’air dans le récipient , celui que la vessie contient se con-

55o DES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES

dense et se retire dans I étroite enceinte des plis de ia vessie.

Emilie.

Ces experiences sont fort amusantes, et elles prouvent clairement le poids et l'élasticité de î air ; mais je voudrois bien savoir exactement combien l’air pèse.

Mad. B.

Une colonne d’air qui atteint le haut de 1 atmosphere et dont la base est d un pouce carré, pese 1 5 livres quand l’air a sa plus grande pesanteur ; ainsi chaque pouce carré de notre corps soutient un poids de j 5 livres ^ et si vous voulez savoir le poids de toute l’atmosphère, il vous faut calculer combien de pouces carrés il y a sur la surface de notre globe, puis multiplier ce nombre par 1 5.

Emilie.

Mais n’y a-t-il aucun moyen de reconnoitre le poids d’une petite quantité d’air?

Mad. B.

Rien de plus aisé. Je soutirerai l’air de celte pente bouteille au moyen de la pompe

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