ACHAT DE CONSCIENCES
Au milieu de l'hiver, quand la détresse est grande dans les maisons, vous allez trouver de pauvres familles d’ouvriers et, ouvrant votre bourse, vous leur dites :
‘ Si vous voulez venir à notre église, nous vous donne- ‘ rons tout ce qu’il faut pour vivre….si vous envoyez vos ‘“ enfants à nos écoles, nous les habillerons et nous les ins- ‘ truirons gratis.”
Votre charité serait louable, si vous n’y mettiez pas cette condition inique ; mais ce que vous proposez là est tout simplement un marché immoral et sacrilège.
En échange de quelques piastres, vous demandez à cet homme de vous vendre sa foi, sa conscience et son âme ! Pareille conduite n’est-elle pas odieuse ?
Des malheureux, pressés par la misère, succomberont parfois à la tentation. Ils se feront protestants l'hiver, quitte à redevenir catholiques au printemps, ou si quelque maladie grave les saisit.
Ils font mal, sans doute, ils commettent une grande faute, en reniant ainsi extérieurement leur foi, bien qu'ils la conservent encore à l’intérieur...
Mais pourquoi . .. pousser ces hommes à pareille hypocrisie sacrilège ? Ne sauriez-vous donc, Mesdames, employer votre zèle à de plus nobles causes ?
Les Canadiens catholiques vous en seraient reconnaissants.