SCENE PREMIERE
-lE.vN finit de faire le ménage. Il remet des livres
en place.
Oh' ! les livres ! Quels ramasse-poussière î Ne vous placez jamais chez un savant î Ces gens-là ont la manie d'aligner sur des planches... des bouquins... qu'ils n'ouvrent jamais .. Et quels bouquins! (Dédaigneux.) C'est une pitié ! Il n'y a pas douze rom.ans dans tout ça I Je le sais, je les ai lus ! Ça les a époussetés. Mais je renonce à épousseter le reste. [Il ouvre quelques livres.) Omérou. Hérodotou. Thucydidou opéra. Ce sont des opéras. Les paroles seulement. Monsieur n'a pas la musique. Cela fait des ouvrages incomplets. D'ailleurs, Monsieur n'a pas de piano. Et s'il avait un piano, il ne sait pas en jouer. Moi non plus. Je ne sais pas jouer du piano. On vit sans ça.
{Il prend sur le guéridon wn volume qui est relié et protégé dans une capse en carton.) Celui-là ! Oh î celui-là, c'est le chef-d'œuvre, le chouchou. {Lisant la couverture.) « Horace. Traduction d'après des principes inédits, par Prunier des Reinettes, candidat de l'Académie. » C'est not' maître. C'est précieux. C'est relié. Et dans une boîte. [On sonne. Il renfonce brutalement le volume^ qui doit rester sur le guéridon.) On sonne, ce doit être quelqu'un.