V. Hugo. — Cher confrère
Ils vont un peu loin (A Jacques.) Duc, vous perdez vos moustaches (le postiche tombe''. Jacques ! Ah ! c'était Jacques ! C'était de la frime 1 J'en avais comme un vague pressentiment.
PAUL et J.\cQUES, suppliants Noire bon oncle !
M. PRUNIER, se réveillant
C'est un rêve qui s'achève ! Je le prévoyais, mais j aimais cet état de demi-somnambulisme. Ai-je vraiment cru que tout cela était arrivé? Je ne sais plus... Mais qu'il est malaisé de discerner le songe du réel ! Il y a des rêves qu'on a faits il y a lon^rtemps ! et nous finissons par nous persuad<^r qu'ils sont des épisodes de notre vie. Nous les avons vécus, puisque nous les avons profondément sentis, fût-ce en dormant. Où est la différence? Les joies que vous m'avez données, je les ai goiViées dans une demi-somnolence.
Je n'avais une pleine conscience ni de leur vanité, ni de leur réalité. Je me laissais bercer par cette troupe d'illusions ailées, et je ne vous en veux pas des joies envolées, puisque ce furent des joies. J'ai été voire complice inconscient. J'entendais bien que je disais moi-même à ma raison : je te défends de me démontrer que c'est absurde. Le vrai et peut-être le seul bonheur est celui qu'on se crée ou que les autres créent pour vous, à mi-côte, entre ciel et terre. Non, je ne vous en veux pas, et pour vous le prouver, allons, Monsieur le notaire, allons rédiger mon testament en faveur de ces deux gredins : cela ne fait [as mourir, n'est-ce pas ?
LE NOTAIRE
Mais pas du tout î
PAUL et JACQUES
Ah ! notre oncle !
JEAN
Un télégramme pour M. Paul.
PAUL
Cest de mon ami du ministère. Le pharmacien Honoré Prunier est réactionnaire, on lui retire les palmes accorder s par erreur, et pour ne pas corriger VOfficiel, ce qui fait toujours mauvais eflet, on vous les offre, mon oncle.
Allons, j'accepte, et Jacques fera mon portrait.
JACQUES
Avec joie.
M. PRUNIER
Et avec les palmes.
JACQUES
Bien sûr.
M. PRUNIER
Les palmes — violettes : celles de l'Institut sont trop vertes !
^"10RT. — H. BOULORD, LIBRAIRE-ÉDITEL'R
H . BouLORD, Editeur, 15, place du Temple, Niort
A la même Librairie
POUH dJBUHES GENS
T ID. — Le Secret du Carrefour, duu,
icte, en vers Ç9 personnages) . .
Jesraêl le Prodigue, drame bibliq
ti'ois actes, pour jeunes gens
Les Patrouilleurs. — La Sentinelle. — Sœur Julie, trois récits à dire, en vers ... .
L'Otage, — Le Joyeux, — Le Ciboire martyr de Gerbévlller, trois récits à dire, en vers . . Ct
La Prière du Soldat, v- La Chanson des Brancardiers, — Les Morts de la Guerre, — Le Vrai Poilu, quatre récits à dire envers : .
in. BOTRKL. — Le Vieux Poilu,
nr.t,-. . ', ru-^*-;.,'.ntiageS) .
Officier comme Papa, monolo- •gue puur petit gai^ Cas de réfor?-- -^ (GpersoTiP \hbé DE - La libératrice Jeanne d'Arc,
ii.-.\, v> .G.. — Simplet;
,■]{[], — Quand la Patrie
parle.
(5 por
Déserteu