SCÈNE PREMIÈRE
CORA, pais TOBY.
COBA , sortait du pavillon.
TOBY 9 gravissant l'escalier du fond.
CORA
Qui donc s’éloigne avec mon père?
toby. 4
M. Curtis.
COBA.
U n’a pas demandé à me voir?
CORA OU L’ESCLAVAGE
TOBY
Non, maîtresse.
CORA
Mon père lui parlait d’un ton très-animé, n’est*ce pas?
TOBY
Je n’ai rien entendu.
COB A , se parlant k elle-même.
Que se passe t-il? — Quel motif mystérieux me sépare tout à coup du monde? — Ma lettre à l.ucy restera-t-elle sans réponse? — Pourquoi M. Curtis évite-t-il de me voir?
TOBY
Qu’a donc ma jeune maîtresse? Depuis hier, elle paraît toute soucieuse !
CORA
Oui; l’étrange accueil qu’on m’a fait dans une maison amie en est la cause.
TOBY
Mademoiselle Cora avait oublié sans doute que M. Gérard l’avait suppliée, en partant, de ne pas quitter l’habitation.
CORA
Non , Toby; je ne l’avais pas oublié; mais cette recommandation même de mon père m’avait jetée dans une vague inquiétude; je voulais savoir à quel danger j’étais exposée.
TOBY
Et ce danger?...
CORA
Ce danger, mon pauvre Toby. était de n’étre pas reçue par miss Johnson, mon amie; elle m’a fermé sa porte! — Ce jeune homme , qui m’a reconduite ici et que tu as vu , m’a transmis des extuses banales que démentait son propre embarras. - J’ai renoncé à l’interroger, quand j'ai vu qu’il baissait les yeux.... Tiens 1 comme toi en ce moment!
TOBY
Oh! moi! maîtresse! je ne suis qu’un pauvre esclave qui ne sais rien. — Mademoiselle Cora ne peut pas douter de mon dévouement. Lorsqu’il va huit jours, M. Gérard voulait me vendre un marchand d’esclaves, elle s’est souvenue que je l’avais fait sauter sur mes genoux quand elle était encore enfant, et, comme un bon ange, elle a étendu son aile sur le vieux Toby; aussi le vieux Toby aime-t-il sa jeune maîtresse