SCÈNE II
CORA, puis JOHNSON, puis TOBY.
CORA
Est-ce à moi ou à mon père qu’il veut parler? — A moi, sans doute. — Que va-t-il me dire? Obtiendrai-je enfin une explication franche et sans réticence? (Voyant paraître Johnson au haut de ’esralier.) Le VOÎCi !
COR A OU L’ESCLAVAGE
JOHNSON, s'ivançant .ers Cora le cigare à ta bouche et se découvrant ï moitié.
Mademoiselle Cora, je suppose?
CORA
Oui, monsieur.
JOHNSON, à part, en remettant son chapeau sur sa tête.
M. Bessières n’a pas mauvais goût, parbleu ! Je vengerai ma petite sœur sans trop de répugnance. (Haut.) M. Gérard est absent V
CORA
11 va revenir, monsieur!
JOHNSON, tirant des papiers de sa poche et les posant sur une table de jardin.
J’avais ces papiers à lui remettre; mais ce n’est pas le seul
motif qui m’amène. (11 i’»i«ied ; cora le regarde arec étonnement. ) Je Savais
par ma sœur que vous étiez jolie, mademoiselle; mais je vois bien qu’en pareil cas une femme ne dit jamais que la moitié de la vérité.
CORA, s’asseyant.
Pardon, monsieur, votre démarche n’a-t-elle pas pour objet?...
JOHNSON
De répondre à la lettre que vous avez adressée à Lucv? — Oui, mademoiselle; cette lettre nous a prouvé que M. Bessières s’était mal acquitté de ta commission dont il avait bien voulu se charger.
CORA
Comment cela, monsieur?
JOHNSON
Ma sœur regrette infiniment de n’avoir pu vous recevoir, et je ne m’en consolerais pas moi-même, si elle ne m’avait choisi pour vous apporter ses excuses.
CORA
Ce ne sont pas des excuses que je lui demandais, monsieur, mais une explication.
Mon Dieu! mademoiselle, les préparatifs d’un prochain mariage!... Un peu de migraine peut-être!... Cette explication ne peut-elle vous suffire?...
CORA
Non, monsieur; car je suis dans un état d’esprit à préférer la vérité, quelle qu’elle soit, à des faux-fuyants qui me mettent au supplice. L’hésitation de M. Curlis à me ramener