‹ Cora ou L'esclavage drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 40 sur 96 · COUA · texte numérisé non relu

COUA

Je ne vous comprends pas, monsieur!

JOHNSON

J’essaye pourtant de me faire comprendre. — Tenez! vous avez admiré sans doute ces belles forêts de magnoliers qui entourent la Nouvelle-Orléans? Sur la cime de ces arbres séculaires s’épanouissent de splendides fleurs, blanches comme des lis! 11 arrive parfois, quand le sol est jonché de ces fleurs,

3 ue la main d’une femme en ramasse une au hasard , et e la pointe d'une épingle trace sur l’un des pétales quelque énigme amoureuse dont le mot ne doit être connu que d’un seul; la fleur tombe et, sans que personne y prenne garde, va bientôt à son adresse; car rien n’est plus innocent que de perdre ou de ramasser une fleur (1)1

COBA.

■ Continuez, monsieur l

JOHNSON

Je suppose qu’une main charmante, armée d’une épiugle d’or comme celle que vous avez dans vos cheveux, eût gravé sur un de ces pétales, non pas même un mot d’amour, mais seulement un mot d’espoir : il est une autre main, un peu hardie peut-être, qui. sur le pétale voisin, s’empresserait d’écrire : « M. Gérard devait cinquante mille dollars à M. Johnson et ne les lui doit plus ! »

CORA , se levant.

Qui’ vous a donné le droit de me parler ainsi, monsieur? —

(I) X. Eyma.

CO K A Uü L liSCL A\’.V(i E.

Qu’ai-jc fait pour être exposée à «le pareilles insultes? Oui suis-je pour que le frère de mon amie ne respecte même plus la maison de mon père?

JOHNSON, se lésant.

De grâce, mademoiselle

Toby !...

Prenez garde!

Toby!...

CORA , appelant.

JOHNSON

CORA

TOBY, paraissant au haut de l’escalier.

Vous m’appelez?...

; CORA

Reconduis monsieur, et s’il se représente jamais dans cette maison, souviens-foi que ta maltresse l’en a chassé!

JOHNSON

Chassé!... Pour rappeler mademoiselle Cora an sentiment de sa position, Toby, raconte-lui donc l’histoire de Francilia!...

(Il jette on regard de triomphe snr Cora et s'éloigne.)

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