‹ Cora ou L'esclavage drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 84 sur 96 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

JONHSON, Mistbess BRADLEY.

(Mlstress Bradley est assise près de la table et travaille. — Johnson est appuyé snr la balustrade du fond.)

MISTRESS BRADLEY

Que regardez-vous donc là, mon neveu?

JOHNSON

l!n brick qu’un des steam-boal du fleuve a remorqué jusqu’ici, et qui est venu jeter l’ancre devant ma plantation.

MTSTRESS BRADLEY.

Eh bien! qu’y a-l-il d’extraordinaire?

JOHNSON

Ce brick ressemble étonnamment à la Mouette que commandait Bill quand il était négrier!...

MISTRESS BRADLEY

Vous le reconnaissez dans la nuit?

JOHNSON, redescendsnt la «cène.

Je l’ai aperçu au coucher du soleil , en allant au-devant de Lucy! — Petite folle! a-t-on idée d’une pareille escapade? — Comment n’est-elle pas encore revenue?

MISTRESS BRADLEY

Mon Dieu l soyez tranquille ! elle reviendra

CORA OU L’ESCLAVAGE

JOHNSON

Si je comprends à quel propos vous l’avez laissée partir seule pour la Nouvelle-Orléans!...

MISTRESS BRADLEY

Je vous l’ai dit, mon cher Williams, à propos de chiffons; Lucy avait des emplettes à faire.

JOHNSON

Pourquoi ne pas me prévenir?. .

MISTRESS BRADLEY

Vous savez bien que votre sœur fait tout par coups de tête! — Vous étiez à la chasse; l’idée lui est venue de partir, et elle est partie.

JOHNSON

Au moins auriez-vous pu l’accompagner....

MISTRESS BRADLEY

Pourquoi donc? Est-ce que nos jeunes filles américaines ne sont pas accoutumées à courir les grandes routes toutes seules?

JOHNSON

Vous oubliez que Lucy est à moitié Française et n’est pas encore faite aux mœurs de son pays.

Eh bien ! elle s’y fera.

JOHNSON

En vérité, ma tante, vous auriez juré de m’exaspérer que vous ne me répondriez pas autrement.

(Il se promène de long en large arec agitation.) MISTRESS BRADLEY.

Votre exaspération vous permet-elle de m’éclairer sur deux ou trois points, mon neveu?

JOHNSON

Je vous écoute.

MISTRESS BRADLEY

On a saisi chez M. Gérard, n’est-ce pas?

JOHNSON

Hier.

MISTRESS BRADLEY

Qu’a-t-on fait des esclaves?

JOHNSON

On a dû les vendre.

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