SCÈNE l'III
ROLAND^ s' asseyant h gauche j et prenant un lii^re qui se trouve sur le canapé.
Ccst clair.... elle veut éloigner milord... mnis je reste, et nous verrons ce que cela deviendra.
Mad. DE SELMAR f.t ANTOINE ejUmut par li porte à gauche, derrière Roland.
ANTOINE , à voix bassc.
Entrez, madame, et du courage!... c*est le seul moyen de tout savoir.... Madame m'a dit de vous faire attendre ici... je vais Favertir.
Mad. DE SELMAR.
Chez qui suis -je ?... je n'en sais rien encore.
ROLAND^ a Antoine, Qu'est-ce que c'est?
ANTOINE
"^ |La nouvelle femme de chambre qu'attend madame. (// entre dans la chambre ou est Coralj).
ROLAND
C'est hien... Mad. DE SELMAR , jetant sur Rolartd un coup d'œil rapide.
Eli ! mais, si je ne me trompe, c'est M. Roland, Fami de mon frère.... ce jeune homme si timide qui n'osait me pailer.
ROLAND, remontant le diédtre.
Une soubrette jeune et gentille.... c'est à merveille
ça ne me f lit pas peur cela... ( il s'approche derrière elle, el lui prend la taille) une jolie tournure... A nous deux , Lisette, à fiiiie connaissance.
Mad. DE SFLMAR, tremblante.
Eh bien ! monsieur, qu'est-ce que c'eàl?
ROLAND , la j'egardant , el s' éloignant d'elle.
Dieux ! que vois-je !... voiln une i esseniblance qui m a fut nne peur... (haut) Mais quelle idée!... Par])leu, ma belle enfant, je suis euchaiiié de l'aventure.... je n'aurais jamais cru rencontrer cette figurr-lh sous un bonnet de soubrette
Mad. DE SELMA l\ .
Que voulez-vous dire, monsieur*^... vons me prenez pour une autre.
ROLAND, prenant son Lras.
Du tout... je te prends ponr moi; c>r tu ne sais pas qtie lu ressembles trait pour trait à la femme de Paris la pl:is jolie et la plus aimable a madame de Selmar.
Mad. DE SELMAR.
Que dit-il?
Et juge donc^ pour moi quel bonheur!... lui dire que je l'aime.... jamais de ma vie je n'aurais eu ce courage , cette liardiesse.... tandis que toi.... eh bien.!... Si vraiment: même à loi, cela me fait quelque chose.... mais c'est égil; c'est sans conséquence;... je suis encore un peu timide par habitude.... mais ça va se passer.
Mad. DE SELMAR^ Cl part.
Ah! mon Dieu !... {hœit. ) En effet, j'ai entendu parler de ma ressemblance avec cette dame.
ROLAND
N'est-ce pas ? c'est frappant î... Mais quelle différence... elle est mieux encore... il ne faut pas que cela te fâche.
Mad. DE SELMAR.
Nullement... Sans doute vous étiez reçu cliez elle?
ROLAND
Non... je n'ose pas... elle ne reçoit personne... Mais elle a un frère, un jeune étounh' , poiir qui elle a l'amitié la plus tendre... Eh bien ! et moi aussi... je l'aime , je le protège... Quelques dingerslenvironnent, surtout dans ce moment.
Mad. DE SELMAR.
Que dites- vous?
ROLAND
Oui ta maîtresse trame quel jues complots ; mais
malgré elle et malgré toi , je les déjoùiai , cjuand je les connaîirai... parce que d'être mauvais sujet, ça n'empêche pas d'être honnête homme.
Mnd. DE SELMAR, Cl part.
Ali ! je n'ai plus peur de lui.
ROLAND
Tionî^o flonc quVn dcfonrlant son frèro, cVst elle-même f}iie i'ohli^o... et rie pojivoir lui rendre ainsi service, snris niiVlIe le sache... sans qu'elle s'en doute jamais... il me senibie que c'est Lien... que c'est délicat... que c'est digne d'elle.
Mad. DE SELMAR.
Je comprends^ et crois deviner quelles sont vos vues.
ROLAND
Moi ! des vues sur elle!... Y penses-tu ?... Je me jeterais an fen pour lui épargner un chagrin... mais l'épouser !... Ah bien oui !... D'abord , à Cduse de son frère , elle ne veut point se marier; et puis , dès que je l'aperçois...
Air du Fleuue de la vie.
Saisi d'une frayeur nouvelle , Je tremble , et ne lui parle point ; Qu'elle est belle ! . ..et pourtant sur elle Tu l'emportes en un seul point.
Mad. de selm Aa.
Eh quoi !. . . j'aurais cet avantage 1 Quel est-il donc ?
ROLAND
C'est qu'en ce jour , Tu m'inspires autant d'amour , Et bien plus de courage.
Mad. DE sELMXT.y à part.
Me voilà bien... H y a maintenant un égal danger à parler, ou h me taire... Si je pouvais du moins en obtenir des rertseignemens ! {haut) Monsieur, daignez, par grâce, me faire connaître la maison de la marquise chez laquellcjesuib.
La marquise !... Tu en es encore là ?... La marquise Dudley n'est autre queCoraly,une des plus jolies danseuses de l'opéra.
Mad. DE sEi^Tii An ^ à part.
Grand Dieu î... nne jolie condition que j'ai choisie là... JI vaut mieux tout lui dire. ( haut ) Protégez-moi, monsieur ; vous êtes le seul à qui je puisse me lier.
ROLAND
A^oilà qui est parler.
Air du vaudeMe de Oui et Non.
Allons , plus de timidité ;
De tes yeux mon âme est charmée.
Had. DE SELMAR.
Finissez donc.