‹ Corneille à la butte Saint-RochChapitre 101 sur 105 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

MARIE, puis PIERRE.

Marie.

Je n'espère plus rien !

Et Pierre ne vient pas... et sa mère inquiète Ignore ce qu'il fait!

(Elle va à la porte.) Vainement je le guette.

(Pierre paraît.) Vous voilà donc enfin !

Oui, pour vous dire adieu.

Marie.

Me dire adieu ?

Pierre.

Soldat, je m'en retourne au feu.

Marie.

Vous ne m'aimez donc plus ?

Pierre.

Le pensez-vous , Marie / Si de Pespotr, pour nous, la source s'est tarie. Celle de mon amour, qui pleure en s'exilant , Coule plus que jamais d'un flot pur et brûlant...

Marie.

Demeurez...

Pie rre.

Je ne puis; pourquoi lasser ma vie Trop près de ce bonheur, dont l'ombre poursuivie Ne peut plus me donner ce que je crus gagner.^ Désespérant d'un bien , il s'en faut éloigner.

Marie.

V oubli viendra..,

Pierre.

Jamais ! J'emporte ineffacée Cette image qu'en moi votre vue a laissée ; Mon âme s'agrandit pour la mieux contenir. Ranimant les débris de ce cher souvenir, Je veux être toujours en votre obéissance : Ils peupleront mon cœur au désert de l'absence ; Eî^ d'un dernier rayon si je reste embrasé , Ce sera le reflet de mon rêve brisé.

Marie.

Quelque chose me dit qu'il faut espérer ; Pierre ^ Ne vous éloignez pas.

Pierre.

Pourquoi cette prière ^ D^un mot de vous, d'un seul vous savez le pouvoir ; N'insistez pas... Pour moi, partir est le devoir...

Marie, Le devoir ?

Pierre.

Écoutez : il n'est rien que je cache A mon amie. Un homme était resté sans tache , C'est mon père ! Un service imprudemment rendu Fait qu'il est menacé. Son honneur est perdu, Sa liberté même...

Marie.

Ah!

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