SCENE V. fj
rotrou, se levant.
Mon ami!... [En lui serrant affectueusement ta main.) Mon maître !
ROTROU
Je suis fier de ce nom que lu te plais à me donner.
11 t'appartient!... quoique plus jeune, Rolrou m'a devancé dans la lice !
ROTROU
Oui, mais pour remporter le prix , il faut d'autres forces que les miennes... Et c'est à Corneille qu'il est réservé !
Ton amitié l'égaré !
ROTROU
Non... non... je sais ce que tu es... et je devine ceque tu seras... Mais dis-moi vite, tu as reçu ma lettre ?
Et je ne me suis pas trompé sur le motif qui te l'a dictée. En parlant de mes services , dont tu avais besoin ici, tu ne pensais qu'à m'en rendre de nouveaux.
ROTROU
Et celte pensioD que le Cardinal t'a envoyée?.».
A ta sollicitation, je le sais.
ROTROU
Qu'impolie?
Je te l'ai dit... je l'ai acceptée !
ROTROU
Enfin!... tu as compris qu'ici-bas le génie a besoin d'appui... que sans protecteur le poète traîne une existence misérable et s'expose à voir son nom même mourir avec lui 1
J'ai pensé surtout à mon frère et j'ai répondu à son Êminence que j'acceptais avec résignation !
ROTROU
Avec résignation !... Imprudent ! tu n'as pas songé à l'effet que ces mots ont dû produire sur un homme accoutumé à voir plier devant lui tout ce qui l'approche?
C'était le seul moyen, en ne refusant pas , de me relever à mes propres yeux, aux tiens, à ceux de quiconque a le sentiment de sa dignité.
ROTROU
Ami, tu juges mal Richelieu. C'est une grande âme qui répare toujours ses faiblesses par quelque chose de noble! La réflexion Ta éclairé... Il revenait à toi... il te frayait la route vers de nouveaux succès.
Richelieu?... lui qui a voulu écraser le Cid! lui qui m'a livré tout vivant aux morsures d'un Chapelain !
ROTROU
Eh! que t'importe!... méprise ceux qui dénigrent ta gloire ! Recueille- toi dans ton courage, et de triom-