‹ Corona benignitatis anni DeiChapitre 59 sur 65 · DOUZIÈME STATION · texte numérisé non relu

DOUZIÈME STATION

Il souffrait tout à l'heure, c'est vrai, mais maintenant il va mourir.

La Grande Croix dans la nuit faiblement remue avec le Dieu qui respire.

Tout y est. Il n'y a plus qu'à laisser faire l'Instrument

Qui du joint de la double nature inépuisablement,

De la source du corps et de l'âme et de l'hypostase, exprime et tire

Toute la possibilité qui est en lui de souffrir.

Il est tout seul comme Adam quand il était seul dans l'Éden,

Il est pour trois heures seul et savoure le Vin,

L'ignorance invincible de l'homme dans le retrait de Dieu !

Notre hôte est appesanti et son front fléchit peu à peu.

Il ne voit plus sa Mère et son Père l'abandonne.

Il savoure la coupe et la mort lentement qui l'empoisonne.

N'en avez-Vous donc pas assez de ce vin aigre et mêlé d'eau,

Pour que Vous Vous redressiez tout-à-coup et criiez : Sitio ?

Vous avez soif, Seigneur? Est-ce à moi que Vous parlez?

Est-ce moi dont Vous avez besoin encore et de mes péchés?

Est-ce moi qui manque avant que tout soit consommé ?

CORON A BENIGNITATIS

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