‹ Corot, souvenirs intimesChapitre 40 sur 79 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

^EXPOSITION de Corot, en 18^9, fut particulièrement remarquable et nous fait voir toutes les notes diverses de son talent. LTorizon qu’il embrasse semble avoir atteint toute son ampleur; ce n’est plus seulement l’aspect tendre de la nature, son côté poétique et vague qu’il a voulu rendre, il aborde en meme temps les sujets élevés, il touche aux grandeurs épiques avec Dante et Virgile , et au drame avec Shakespeare; puis, explorant d’autres régions, il crée des fantaisies délicieuses, et au retour de ses lointains voyages, il se recueille en rêvant dans les bois de Villed’Avray. Sa féconde imagination a tant besoin • d’aliments qu’elle en demande aux autres et

COROT

prête Toreille aux accents des poëtes, afin d^interpréter leurs créations comme il a su les comprendre selon Fi dé al qui est en lui et le but de son art.

Un moment^ il abandonne Fair libre, Feau pure du ruisseau, la prairie épaisse et tant d^autres beautés de la vie et du soleil pour suivre Dante et Virgile dans la forêt obscure de Fenfer : « Hélas ! que c’est chose rude à dire, combien était sauvage et âpre et épaisse cette forêt, dont le souvenir renouvelle mon effroi! elle est si amère que la mort Fest à peine davantage. » Frappé de la grandeur de ce début de la Divine Comédie^ ^ Corot a représenté Dante et Virgile entrant aux enfers, lorsque ce dernier dit à son compagnon : (( Je décide qu’il vaut mieux que tu me suives, et je serai ton guide. » Les personnages sont placés en avant d’une grande masse sombre d’arbres et de rochers qui occupent la droite du tableau ; près d^eux sont le lion et la panthère, et vers la gauche, du côté d’où vient la lumière, on voit la louve qui cause à

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