‹ Corps et biensChapitre 53 sur 96 · I. LA VOIX DE ROBERT DESNOS · texte numérisé non relu

I. LA VOIX DE ROBERT DESNOS

1 semblable à la fleur et au courant d’air

au cours d’eau aux ombres passagères

au sourire entrevu ce fameux soir à minuit

si semblable à tout au bonheur et à la tristesse c’est ({e minuit passé dressant son torse nu au- -dessus des beffrois et des peupliers > PE: SAN

] j'appelle à à moi ceux-là perdus dans les campagnes

les vieux cadavres les jeunes chênes coupés

les lambeaux d’étoffe pourrissant sur la terre et le linge séchant aux alentours des fermes

j'appelle à moi les tornades et les ouragans

les tempêtes les typhons les cyclones Le PAPERS les raz de marée APE.

les tremblements de terre | j'appelle à moi la fumée des volcans et celle|des cigarettes) les ronds de fumée des cigares de luxe

j'appelle à moi les amours et les amoureux

* j'appelle à moi les vivants et les morts

j'appelle les fossoyeurs j'appelle les assassins

j'appelle les bourreaux j’appelle les pilotes les maçons et les architectes

les assassins

j'appelle la chair j'appelle celle que j’aime j'appelle celle que j’aime j'appelle celle que j’aime

e minuit triomphant déploie ses ailes de satin et se pose

sur mon lit les beffrois et les peupliers se plient à mon désir

‘,ceux-là s’écroulent ceux-là s’affaissent

les perdus dans la campagne se retrouvent en me trouvant

îles vieux cadavres ressuscitent à ma voix

les jeunes chênes coupés se couvrent de verdure

les lambeaux d’étoffe pourrissent dans la terre et sur la terre claquent à ma voix comme l’étendard de la révolte le linge séchant aux alentours des fermes habille d’adorables femmes que je n’adore pas qui viennent à moi obéissent à ma voix et m’adorent

, Les! ‘tornades tournent dans ma bouche

les! Ouragans) rougissent s’il est possible mes lèvres

lesltempêtes sgrondent à mes pieds Ti #

les! typhons s’il est possible me dépeignent tude je reçois les baisers d’ivresse des cyclones] | TOUT -

les raz de marée viennent mourir à mes pieds CN

les tremblements de terre ne m’ébranlent pas mais ee tout crouler à mon ordre avé

As \ la fumée des volcans me vêt de ses vapeurs 20 1 ©)

et celle des cigarettes me parfume

et les ronds de fumée des cigares me couronnent

les amours et l’amour si longtemps poursuivis se réfugient en moi

les amoureux écoutent ma voix

LES TÉNÈBRES

Le toi de S cosrts

les vivants et les morts se soumettent et me saluent les

premiers froidement les seconds familièrement

les fossoyeurs abandonnent les tombes à peine creusées et déclarent que moi seul puis commander leurs nocturnes travaux

les assassins me saluent

les bourreaux invoquent la révolution

invoquent ma voix

invoquent mon nom

les pilotes se guident sur mes yeux

les maçons ont le vertige en m’écoutant

les architectes partent pour le désert

les assassins me bénissent

la chair palpite à mon appel

celle que j’aime ne m’écoute pas )} ile es+ la celle que j’aime ne m’entend pas sSeute : 3 celle que j’aime ne me répond pas NOSE / EEK S LIVES 14-12-26 » ! \= ÿs Na

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ir les nuages fondre comme la neige et l'écho \ 12:

ître avec le feu et ne pas mouri eindre et embrasser amour fugace le ciel mat gner les hauteurs abandonner le bo rÈc n qui sait découvrir ce que j’ai ettre de transmettre mon nom aux annéès re aux heures orageuses dormir au pied d’un pin :

grâce aux étoiles semblables à un numéro 5 et mourir ce que j’aime au bord des flamm \

DAS MONS ®) © a © [er St a [e =) Q © + o Q et Ê © A + fer | = @ a :

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1. Flammèche : parcelle enflammée qui se détache d’un brasier, d’un foyer. 2. Job : personnage de l’Ancien Testament. Dieu l’ayant accablé de malheurs, il maudit le jour de sa naissance, puis accepta sa misère, ce qui lui valut de

retrouver sa prospérité. L'expression «pauvre comme Job» signifie dénué de tout.

LES TÉNÈBRES

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