XVI. IDENTITÉ DES IMAGES
Je me bats avec fureur contre des animaux et des bouteilles
Depuis peu de temps peut-être dix heures sont passées l’une après l’autre
La belle nageuse qui avait peur du corail ce matin s’éveille
Le corail couronné de houx frappe à sa porte
Ah! encore le charbon toujours le charbon
Je t’en conjure charbon génie tutélaire du rêve et de ma solitude laisse-moi laisse-moi parler encore de la belle nageuse qui avait peur du corail
Ne tyrannise plus ce séduisant sujet de mes rêves
La belle nageuse reposait dans un lit de dentelles et d’oiseaux
Les vêtements sur une chaise au pied du lit étaient illuminés par les lueurs les dernières lueurs du charbon
Celui-ci venu des profondeurs du ciel de la terre et de la mer était fier de son bec de corail et de ses grandes ailes de crêpe
Il avait toute la nuit suivi des enterrements divergents vers des cimetières suburbains
Il avait assisté à des bals dans les ambassades marqué de son empreinte une feuille de fougère des robes de satin blanc
LES TÉNÈBRES
Il s’était dressé terrible à l’avant des navires et les navires n'étaient pas revenus
Maintenant tapi dans la cheminée il guettait le réveil de l’écume et le chant des bouilloires
Son pas retentissant avait troublé le silence des nuits dans les rues aux pavés sonores
Charbon sonore charbon maître du rêve charbon
Ah dis-moi où est-elle cette belle nageuse cette nageuse qui avait peur du corail ?
Mais la nageuse elle-même s’est rendormie
Et je reste face à face avec le feu et je resterai la nuit durant à interroger le charbon aux ailes de ténèbres qui persiste à projeter sur mon chemin monotone l’ombre de ses fumées et le reflet terrible de ses braises.
Charbon sonore charbon impitoyable charbon.