‹ Corrélations psycho-sexuellesChapitre 60 sur 72 · MOYENS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

MOYENS PHYSIOLOGIQUES

Prenons en considération la valeur sexuelle que présentent: r allure, la sensibilité spécifique , la voix, la parole, la force musculaire, les odeurs.

L'allure est lourde chez les phrénasthéniques, grossière, sans grâce ; ils marchent avec les bras ])endants ; certains criminels, surtout les voleurs, marchent obliqnement; les assassins ont, me semble-l-il, un pas pesant et grossier; j'ai vu des invertis qui marchaient les jambes écarlées, sautillant ou remuant les flancs comme des femmes. Chez les aliénés il y a les paralytiques qui ont la marche semi-ataxique et les démenti qui ont l'allure des vieillards, c'est-à-dire une allure incertaine, lente, la tôle basse, le corps courbé. Par influence des complications spinales ou articulaires, il peut y avoir chez certains aliénés (pellagreux, alcooliques, tabétiques, syphilitiques, intoxiqués de tabac, de plomb, de mercure, d'ergot de seigle, goutteux, etc.) des anomalies spéciales de la marche.

J'ai noté chez certains individus qui plus tard furent atteints de démence paralytique une allure oscillante qui les fait souvent heurter en marchant ceux qui les accompagnent.

Les désordres de la sensibilité spécifique chez les anormaux d'esprit sont si nombreux que j'en négligerai Ténumération détaillée, renvoyant la lecture aux ouvrages spéciaux sur la matière. Je ne relève pas non plus les recherches sur les altérations de la sensibilité visuelle et auditive chez les aliénés faites en Italie par Tebaldi, Morselli, Lombroso, d'Abundo, Sgrosso, Veuturi, Ottolenghi, etc., et desquelles il résulte que chez ceux-ci d'ordinaire l'acuité de la vue, la perception des couleurs et Tacuité auditive sont altérées sous diverses formes et à diff'érents degrés, autant chez les idiots où la sensibilité spécifique est à peine accusée, obtuse, que chez les criminels ou paralytiques, où elle subit une telle décadence. Il ne faut pas oublier cependant que chez les monstrueux (hystériques, épileptiques, criminels) avec les altérations par les-

quelles Tacuité sensorielle est insuffisante ou Iransitoirement altérée (hystériques), il est d'autres conditions par lesquelles elle est plus subtile. C'est ainsi que la vue des épileptiques et des criminels est souvent d'une étrange acuité ; chez les hystériques la vue et Touïe sont si merveilleusement fines qu'elles leur confèrent ces aptitudes, cause possible sinon probable des soi-disant clairvoyances, des transmissions de la pensée, de la vue à distance, etc. Cette faculté peut être aussi utile à l'hystérique dans le but de la séduction sexuelle qu'aux criminels la finesse do leurs sens pour la criminalité. Je ne négligerai pas de relever les hallucinations et les illusions des sens qui ont tant d'influence perturbatrice même sur les intérêts de la séduction sexuelle. Elles sont communes à chaque forme d'altération mentale excepté l'idiotie où l'absence d*un contenu intellectuel ne donne pas matière aux hallucinations, car si Condillac a pu dire pour l'esprit : Ni/iil in intellectu quod prius non furrit in sensu, pour les hallucinations, résultat d'un phénomène que j'appellerais rc^^/ar, il convient de dire : niliil in sensu (juod prius non fuerit iîiintellectu. Si pourtant, au point de vue sexuel, l'acuité de chaque sens a une valeur qui ne peut être méconnue, certaines sensibilités sont plus que les autres utiles au but sexuel lui-môme. Ainsi, l'odorat aiguise le stimulus erotique, et conduit à la recherche de la femme ; le toucher peut se dire en un mot un sens à fonction erotique. L'odorat est le sens qui est le plus vite altéré dans les démences à base de dégénérescence séniliforme : paralysies progressives, démence sénile, démence hébéphrénique. Chez les épileptiques l'odorat est souvent peu développé. Je trouvai chez ces malades, parmi d'autres altérations, une altération de ce sens que j'ai décrit sous le nom <F amnésie olfactive (1). Chez les hystériques, il est d'ordinaire aigu (hyperosmie), de môme qu'il se trouve aussi quelquefois suspendu (anosmie hystérique). Il y a aussi chez les aliénés des paraosmies (démence masturbatrice) qui sont souvent suivies d'anosmies.

Le tact chez les idiots est obtus ; chez les déments paralytiques il est souvent aboli et c'est là la cause fréquente de la

(I) Veuttiri. — Goriimuniration au Congrès d'aliénation de Sit>nne |1886).

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maladresse de leurs mains pour les travaux délicats. Chez les criminels il est obtus quoique en proportions diverses et selon les différentes espèces de criminalité. Ceci explique pourquoi chez les femmes criminelles, qui sont si souvent hystériques, lu sensibilité tactile est aiguë, comme le dit |uombroso.

La perte ou Tabsence de la finesse de la sensibilité tactile chez les individus atteints d'immaturité, chez les criminels, comme chez les déments séniles, et chez les personnes vulgaires, sans nervosité, est l'un des motifs pour lesquels ils exercent l'amour avec tant de brutalité sous forme impulsive, à Tin verse des personnes de classe cultivée pour lesquelles les plaisirs de l'amour sont dévoilés parles ineffables douceurs du toucher.

La voix qui, chez les oiseaux, a tant de valeur comme moyen de séduction sexuelle, ne manque pas d'en conserver un peu dans Tespèce humaine actuelle et surtout chez la femme. Une voix disgracieuse, âpre, est répugnante, et souvent déprécie les bonnes qualités qui sont dans la personne elle-même. On n'a pas tenu suffisamment compte, dans la pathologie mentale, de ses diverses altérations comme signe de dégénérescence. Tonriini cite l'imparfait développement de la voix masculine comme un !^igne important de dégénérescence. Elle a une importance primaire parmi les caractères sexuels distinctifset ses variations sont étroitement unies à la fonction sexuelle : elle aurait dû. pour cela, attirer d'autant plus l'attention desaliénistes. C'est là certainement, à mon point de vue, un chapitre des plus intéressants à étudier, car dans la voix, non seulement se reflètent, avec beaucoup de fidélité et largement, les altérations sexuelles, mais aussi les altérations de Tesprit. C'est pourquoi, je dirai ici ce qui suffit à tracer les grandes lignes de la pathologie de la voix par rapport aux maladies sexuelles et à celles de l'esprit (1).

Je considère dans la voix les altérations du timbre. Les spécialistes de la musique pourraient relever aussi des altérations d'autres de ses caractères que je néglige; ils sont probablement moins importants. Les rapports physiologiques prin-

(I) Morselli aussi publia un travail ('1894) sur les altérations de la voix, après le mien, et sans le citer, mais son travail, de nature physiologique, ne sert pas à un but clinique et à notre question.

cipaiix lie la vaix avec le sexe et les fondions sexuelles peuvent se résumer ainsi ;

1" La voix des enfants des deux sexes a un timbre haut.

2* Son timbre devient bas chez l'homme et demeure haut chez la femme à partir de la puberté ; il demeure ainsi chez Tune et chez l'autre pendant toute la durée de leur vie sexuelle respective ; après quoi, la différence tend peu à peu à disparaître, car chez la femme, après Tàge critique, la voix devient plus basse et dans la vieillesse ressemble à celle de Thomme. Cette ressemblance dans la voix des deux sexes à Tâge de jeunesse et à Tâge de vieillesse me conduit à observer ce fait curieux et intéressant (démontré aussi par combien d'autres phénomènes évolutifs, anatomiques, physiologiques) que si dans Tenfance le type humain est le féminin, dans la vieillesse, c'est le masculin. .

3** Le timbre de la voix se ressent du plus ou moins d'exercice de la sexualité : c'est ainsi qu'elle change et devient plus basse peu après le premier accouplement sexuel chez la femme ; et chez les femmes qui abusent du plaisir sexuel, comme les filles publiques, la voix devient basse, âpre et rauque; elle s'altère également chez la femme lorsque celle-ci est frustrée de l'œuvre sexuelle et lorsque la pauvre fille entre dans Tâge des espérances évanouies. La voix suave et pénétrante des jeunes religieuses se transforme avec Tâge en celle désagréable des béguines. Les femmes mariées conservent leur voix fraîche dans un âge plus avancé que les vieilles filles. Celles-ci perdent la voix argentine, douce et caressante de la jeunesse et en acquièrent une basse, souvent stridente et rauque avec un caractère très affirmé anti séduisant. Ce serait un phénomène de sénilité sexuelle précoce, engendré parla dégénérescence d'une fonction laissée sans emploi. Chez les hommes abstinents, la voix se fait profonde. Voyez la voix des religieux qui, dans les mélodrames, sont toujours représentés avec une voix basse. Chez ceux qui abusent des plaisirs vénériens la voix est d'un timbre plus élevé et quelquefois tout à fait léger. Il résulte de tout ceci que l'abus sexuel altère la voix chez chacun des sexes en l'écartant du type du sexe propre, alors que l'abstinence a pour effet dans chaque sexe de donner plus tôt la voix sénile.

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Il y a une harmonie évidente enire la voix et la barbe qui sont deux caractères sexuels secondaires. Lorsque la barbe est abondante^ la voix est basse; les femmes barbues ont la voix basse.

De ces rapports physiologiques entre le timbre de la voix et la vie sexuelle, résultent les faits principaux de sa pathologie. Ce sont:

i** Chez les idiots, chez lesquels la fonction sexuelle ne se développe pas, la voix ne correspond pas à ses caractéristiques dans les deux sexes : les idiots mâles ont souvent une voix haute, faible, à apparence infantile. J*ai connu des idiots qui avaient une voix ayant certaine ressemblance avec celle des chèvres (voix de polichinelle). Les idiotes ont d'ordinaire, même dès Tenfance, une voix basse, âpre, ou bien parlent en fausset.

2* Ceux qui sont atteints d'inversion sexuelle, qui n'ont pas eu la normale différenciation sexuelle, pédérastes ou femmes à mœurs saphiques, ont d'ordinaire une voix altérée Les premiers ont une voix féminine et manquent de barbe. Les criminels uranistes ont une voix à timbre plutôt élevé et sont, avec les péciérastos, ceux qui ont le moins de barbe. Il m'a semblé que les tribades ont une voix basse et rauque. J'ai eu l'occasion de l'observer chez certaines d'entre elles que j'ai rencontrées, infirmières dans un asile, et qui tenaient leur vice d'une tribade dégénérée qui avait aussi une voix âpre et basse. La tribade décrite par Cantarano avait de nombreux caractères masculins marqués sur le visage, mais l'on ne sait rien quant à sa voix. Chez les en nuques la voix est féminine (voix blanche). Il serait intéressant de savoir si la voix s'altère chez les femmes ayant subi Tovariotomie. J'ai de mon côté connu deux dames atteintes d'un kyste de Tovairequi avaient une voix forte et rauque.Je nai pas d'autres observations.

3^ Les recherches sur les altérations de la voix chez les aliénés ont un intérêt clinique considérable. J'ai commencé il y a quelques années à recueillir des observations à ce propos à l'asile de Nocera, aidé parle D' Roscioli. Je les continuai ensuite dans cet asile de Catanzaro, et je n'ai pas négligé de prendre

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des notes, même dans la vie privée, lorsque j'en trouvais loccasion. Cette étude aurait cependant demandé des moyens exacts qui ne pourraient être adoptés que par des musiciens. Je résume ici mes études en quelques généralités afin dé ne pas m*étendre. Je me réserve de publier à part, dès que j'en aurai l'occasion, Fétude dans tous ses détails.

La voix chez les aliénés est altérée transitoire ment ou continuellement. Les altérations transitoires s'observent dans les états d'excitation ou comme conséquence d'enrouements : dans ce cas la voix prend un timbre plus bas. L'enrouement est un effet fréquent des cris prolongés et des altérations du larynx consécutives aux expositions au froid et à l'humidité. Chez les lypémaniaques, la voix devient faible : elle ne change pas de timbre. J*ai observé qu'indépendamment de Tinfluence des cris habituels ou des altérations laryngées, la voix^ dans les démences de toute sortes, aiguës et chroniques, s*aUère souvent en prenant un timbre presque masculin avant les périodes d'agitation, et souvent dans les préludes de ces périodes.

La voix s'altère sensiblement et de façon continue dans les états de démence chronique, lorsqu'il s'agit des femmes. Chez les délirants chroniques, même ne dépassant pas quarante ans, la voix, à peu près dans la moitié des cas, est âpre, basse, tellement qu'elle prend souvent un ton profond, presque masculin, ainsi qu'y arrivent les femmes par suite de la sénilité naturelle. J'ai supposé que ceci était en rapport avec des altérations des fonctions sexuelles. Il m'est apparu de toute évidence que laltération de la voix s'observe très souvent chez celles qui sont démentes ou délirantes chroniques et qui sont devenues aliénées à la suite de circonstances morbides de la vie sexuelle (démences de folie puerpérale, folies chroniques puerpérales et d'âge critique). Ce fait aurait une valeur clinique de diagnostic tout à fait significative ; en même temps, ce serait une preuve de plus que la sénilité précoce de la fonction sexuelle entraine une sensibilité correspondante de l'esprit. Pour la même raison, la voix qui prend chez la femme un timbre bas avant la sénilité sexuelle normale, est aussi l'expression de sa sénilité physique précoce, car, dans la sénilité naturelle physique, il y a nécessairement sénilité sexuelle. Et, en fait, chez les femmes atteintes

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de démence paralytique, protolype de la sénilité précoce, rapide et envahissante^ la voix s'altère constamment et prend un ton grave.

Chez les alcooliques la voix est âpre. Chez les monstrueux, elle subit aussi des altérations particulières : les hystériques deviennent souvent aphones, et la voix varie souvent de timbre de façon plus ou moins durable pendant les accès , chez les épileptiques il est intéressant d'observer cette altération de la voix qu'ils présentaient fréquemment au moyen âge, au moins ceux atteints de délire lycanthropique (voix de loup). J'ai observé à diverses reprises que certains épileptiques, avant ou pendant les accès de fureur maniaque, changent de voix : celleci devient âpre et basse, quelquefois elle s'affaiblit et prend un ton de fausset. J*ai souvent constaté que le criminel a une voix faible. Ceci s'observe chez les voleurs et chez les assassins. Les pédérastes l'ont également d'un ton faible et remarquablement haut ; de môme, mais avec moins d*intensité, les uranistes. Parmi les criminels, ce sont justement ceux qui ont la barbe rare qui ont aussi une voix faible et en fausset.

Le langage est sans aucun doute Tun des principaux moyens qui se trouve adopté pour la séduction sexuelle. Par langage, je n'entends pas ici autre chose que l'outil sonore, vocal, par lequel l'individu exprime ses pensées. Ceux qui ne peuvent parler manquent non seulement du moyen le plus puissant pour la séduction sexuelle, mais aussi pour la lutte pour l'existence. Je relève brièvement les troubles du langage sans entrer dans des études minutieuses et si supérieurement faites récemment à un point de vue différent du mien par Jaccoud, Kusmaul. Gharcot, Ballet, Seppilli, Blanchi, Striker, etc.

Je retiens seulement que la parole, qui manque chez certains aliénés et dont d'autres ne se servent que rarement et maladroitement, peut être considérée comme altérée de plusieurs façons générales : par défaut d'idéation, par défaut d'association, par défaut de mémoire, par défaut d'expression, ou par défaut d'exécution, elc. Les idiots n'ont pas l'usage du langage, chose qui forme la caractéristique la plus évidente de leur défaut psychique. Ceci à cause du manque d'idées et par conséquent de la non-éducation des mécanismes de l'expression et de

Texécution. Les imbéciles ont un langage limité à l'expression de rares idées simples, confuses, et ils les expriment avec un parler lenty souvent infantile; chez les dégénérés héréditaires, le langage est souvent altéré, dans son expression et dans son exécution, sous forme, par conséquent, d'insuffisante impulsion motrice ou d'incapacité à articuler les sons. Dans la catégorie des immaturités, il faut ranger les sourds-muets qui ont une immaturité d'esprit corrélative ou bien consécutive de la surdimutité elle-même.

Chez les aliénés. Ton trouve des désordres du langage sous les formes d'altération idéative, expressive, amnésique, executive. Il convient d'ailleurs de considérer aussi chez les aliénés ceux qui sont atteints de maladies cérébrales qui s'accompagnent souvent d'altérations de Tesprit. Nous avons, par conséquent, les surdités verbales, les amnésies verbales, les aphasies motrices, les hésitations de la parole, le balbutiement, le bégaiement, etc. Les premières et les secondes sont communes aux malades affectés de démences secondaires (hémorrhagies, tumeurs, ramollissements cérébraux) et aux déments séniles (atrophie cérébrale); les autres sont spéciales aux paralytiques, aux alcooliques et aussi aux vieillards.

Je ne parle pas des défauts de Vécrihire qui n'a pas un pouvoir suffisant de séduction sexuelle. Du reste, elle présente des lésions analogues à celles du langage vocal. Au contraire^ les altérations du langage mimique exprimé spécialement par la face, et qui sont fréquentes chez les aliénés, ont une importance spécial au point de vue sexuel. C'est un argument si vaste et si intéressant que je préfère renvoyer le lecteur au beau travail de Tebaldi déjà cité (Fisionomia ed espressione, Padoue 1885).

La force musculaire a toujours été considérée comme un moyen de séduction. Chez les anciens de Tâge classique elle avait cette valeur même chez les femmes; aujourd'hui que dans la séduction sexuelle le paradoxe triomphe, la fragilité féminine vaincra la force. Chez les hommes, si le temps classique des athlètes est p issé, la valeur de la force musculaire comme caractère de séduction résiste encore un peu. Au moins la force musculaire parait-elle avoir de la valeur à ce point de vue, car elle exprime la jeunesse et la santé.

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Les aliénistes l*ont étudiée dans chaque forme de démence. Chez les phrénaslhéniques, elle est peu développée, en rapport avec le faible développement du corps, bien que' chez eux le plus grand développement des muscles compense le faible développement de Tesprit ; c'est pourquoi Ton voit dans certains cas des imbéciles d'une force extraordinaire. Les recherches dynamométriques et dynamographiques montrent que chez les criminels la force musculaire est plus faible que dans la normale, excepté pour les voleurs. Chez les épilepliques, en dehors des accès, elle est faible, bien que, en des cas rares, elle soit extraordinairement élevée. Les uns et les autres sont souvent gauchers.

Si Ton entend par fous tous les aliénés dans leur ensemble et que Ton n'enlimite pas l'appellation aux maniaques aigus où la force est exagérée, la croyance populaire que les aliénés jouissent d'une force extraordinaire ne pourrait Hre plus misérablement confirmée par les faits. Ceci est connu par des études de nombreux auteurs et surtout, tout récemment, par celles de Lombroso et Marro. L'homme normal voit sa force musculaire s'accroître jusqu'à Tâge adulte (trente-cinq ou quarante ans) puis elle décroît peu à peu à mesure qu'il avance en âge. Les aliénés perdent leur force musculaire selon le caractère chronique et la gravité delà maladie ; il y a parmi eux certains paralytiques chez lesquels la faiblesse croissante et générale de Tactivilé motrice marque l'aggravation de la maladie.

J'ai répété les recherches dynamométriques chez les aliénés afin de contrôler les résultats des autres auteurs et aussi pour relever le degré de la faiblesse musculaire par rapport à Tàge afin de voir de combien de temps les aliénés précèdent la normale dans leur décadence sénile.

Je me suis servi du dynamomètre Mathieu et j'ai fait la somme des divers chiffres obtenus par des sujets groupés par m^me période d'âge (en prenant la moyenne générale) et en excluant les plus grands et les plus petits :

DÉ6ÉNÉRBSCBNCE8 DBS MOTBMS DB LA CONQUÊTB 8BXUBLLE 385

Dynamamétrie chez les aliénés

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