‹ CorrespondanceChapitre 174 sur 223 · SUR MADAME DE STAËL · texte numérisé non relu

SUR MADAME DE STAËL

juin 1868.

Le procédé des Broglie m'a piqué d'honneur :

vous verrez de nouvelles lettres, — et surtout une, — bien curieuse de madame de Staël, qui aurait aimé à dire à un autre encore que Camille qu'elle était sa sœur : décidément c'était sa forme de déclaration intellectuelle et sentimentale. — D'autres disent bien : « Je serais votre mère. » Pourquoi n'aurait-elle pas dit : « Laissez-moi être votre sœur » !

DLIIÏ.

A M. R. CHANTELAUZE

Ce 15 juia 1868.

Mon cher ami,

Vous me dites des choses très-justes sur cet état des esprits et sur l'influence de la religion sur la société : mais bien des choses acceptables et vraies en temps de paix cessent de l'être dès que la guerre est déclarée, et cette guerre est ouverte depuis quelque temps : j'y ai fait allusion, et, si vous vous en souvenez, en plus d'un passage de Port-

DE C.-A. SAINTE-BEUVE

Royal : et l'inconvénient des guerres, c'est de ne point permettre à la sagesse individuelle d'avoir tout son cours et tout son espace : il y a deux camps tracés, et le bon sens qui supprime souvent les nuances vous porte, si vous avez en même temps un certain sentiment de l'action, là où est le point stratégique et le danger.

Je félicite le bénédictin d'avoir terminé sa grande histoire provinciale et locale*. Je lui conteste le droit de se reposer longtemps. Vite Marie Stuart, puisque cette belle scélérate n'est pas encore coulée à Jond"^! et vite ensuite à notre aimable coquin le cardinal de Retz, sur lequel vous avez tant à dire!

Tout à vous de cœur.

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