A M. DE LESCURE
Ce H août 1868.
Mon cher ami,
Vous êtes près du ministre le plus influent et le plus fait pour l'être i. Je ne sors pas, je ne bouge pas de ma chambre, mais je vois, j'entends et j 'observe. Dites bien à votre ministre que, si l'on n'y prend garde et au plus tôt, les choses s'en vont, se dissolvent et que tout sera ensuite à la merci du premier événement. Ne branlez point la tête, ne souriez pas et ne faites pas le rassuré: tous les pouvoirs qui sont tombés ont fait ainsi, jusqu'à la veille et *au matin même de leur chute. L'Empire est bien malade! Comme je l'aime et que je suis dedans, vous pouvez croire que je ne suis pas des derniers à en souffrir. Comment en est-on venu à gaspiller la plus belle situation du monde et à être à la veille de perdre la plus magnifique partie?. . . Comment