‹ CorrespondanceChapitre 61 sur 156 · A GODEFROY · texte numérisé non relu

A GODEFROY

Passy, 28 septembre i854.

Mon cher Monsieur, A mon retour d'yVUemagne, j'ai cru devoir

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vous aller rendre comple des démarches que j'avais faites, dans l'intérêt de mes confrères, principalement à Leipsick et à Weimar, pour obtenir la réalisation et l'exécution des traités internationaux relatifs au droit de traduction. J'avais à cœur surtout de me rendre digne de répondre à la confiance de M. le Ministre de l'Instruction publique qui m'avait honoré d'une mission et m'avait donné en outre quelques instructions verbales. Vous avez paru prendre intérêt aux détails que je vous ai donnés, à la lecture de la note de M. Ackermann de Leipsick, que j'avais rapportée, aux réponses aussi qui m'avaient été faites par le Docteur Kobb, d'Augsbourg-, par MM. Listz, Hoffmann de Fallersleben et par M. Perrière Levayer, notre ministre à Weimar. De plus, vous avez eu la complaisance de vous charger d'écrire en Ang-leterre et en Espagne pour m'y assurer la propriété du nouveau livre intitulé Aurélia^ etc., dont je vous ai montré les premiers cahiers. Je regrette de vous avoir un peu pressé à cet égard, mais les deux premières feuilles étaient sous presse et je ne croyais pas avoir à m'occuper encore de ma santé. Deux jours après notre entrevue, j'avais fait partir à Leipsick le premier article composé pour la Revue de Paris et j'allais vous adresser quatre épreuves pareilles, lorsque M. Blanche, mon médecin, a jugé que la fatigue du voyage, jointe aux dé-

marches multipliées que j'avais faites à mon retour, m'avait fatig-ué, ce qui était en effet, et m'a conseillé quelques jours de repos. Depuis deux mois j'ai été soumis à une hyg-iène sévère et ce n'est que d'aujourd'hui qu'il m'est permis de communiquer par écrit avec des amis ou parents. Toutefois, n'ayez aucune inquiétude sur l'exécution du travail, qui est à peu près terminé et dont les corrections peuvent s'effectuer sur épreuves. Une partie est imprimée dans l'Artiste elles deux fragments sont destinés à se rejoindre. J'ai à Passy la presque totalité de la copie manuscrite. Il est d'autant plus important que je sache maintenant à quoi m'en tenir que c'est là le seul tourment d'esprit qui me reste, la saison favorable pour nos affaires étant déjà avancée. J'étais au moment de conclure un arrang-ement avec M. Dutacq (221), du Pays, pour une somme importante. Il m'achetait les droits d'auteur de plusieurs volumes et je crains que l'incertitude présumée de ma santé ne fasse obstacle à ses bonnes résolutions dont il m'a assuré à deux reprises. Vous voyez qu'il n'y a pas de temps à perdre, vous qui savez mieux que tout autre que de telles affaires tiennent surtout à ce qu'on sait en saisir l'occasion. Je serais replong-é dans une bien triste incertitude si, par trop de préoccupation de ma santé, ^ on me mettait hors d'état de faire face à mes nombreux engag-ements et de payer même les frais de

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ma maladie, ne voulant pas avoirrecours à la caisse de la Société. Je vous prie donc, mon cher monsieur, de vouloir bien envoyer à Passy un de nos commissaires pour assurer M. le Docteur Blanche de l'importance des détails sur lesquels je viens d'appuyer, afin que, selon la promesse qu'il m'en a faite hier, je puisse sans trop de travail reprendre la direction d'affaires importantes pour mon avenir et qui ne peuvent être traitées que par moi-même (222). J'ai, d'autre part, écrit à mes'parents dont les plus proches sont venus me visiter et je pense que si vous m'envoyez un de nos confrères, on ne refusera pas de me laisser communiquer avec lui. On peut venir de votre part depuis le matin jusqu'à cinq heures ou le soir après six ou sept heures. Votre bien dévoué,

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