‹ CorrespondanceChapitre 78 sur 156 · LETTRE II · texte numérisé non relu

LETTRE II

(3) Georges Bell et Théophile Gautier, qui nous font connaître ces premières tentatives de Gérard ù TOdéon, pendant la direction Harel (1829-32), se contentent d'indications assez vagues. Une lettre portée sur un catalogue Charavay donne une date. Le 16 janvier 1831, Gérard écrit à un ami : « La petite pièce que vous savez que je devais lire à VOdéon a été reçue , samedi même .par acclamations et à la seule condition d'y Joindre un prologue, pour préparer le public aux innovations qui s'y trouvent... Je vous requiers, au reste, si classique que vous soyez, d'appuyer mon ouvrage... » Il doit s'agir ici de la a Diablerie » le Prince des sots, de facture toute nouvelle en effet, et pour laquelle Th. Gautier écrivit un prologue, La même pièce avait été, un mois plus tôt, préscn-

COnUESPONDANCE

tée au Théâtre français; M. Couët me signale cette indication, relevée sur les archives du théâtre en Décembre 1830 ;

Le prince des sots M. Gérard, rue St Martin, 72 N. A. comédie en i acte en vers Rendu à l'auteur [Non admis]

Quant à cette tentative nouvelle, elle doit être postérieure de six mois environ. C'est ce quiressort de la lettre elle-même. En effet, Frederick Lemaître entré à l'Odéon le 12 Août 1830 y joue régulièrement pendant près d'un an. En Juillet, Août et Septembre 1831, il ne paraît plus sur l'affiche, tandis que Ligier crée le 3 août V Homme au masque de fer et, le 20 Octobre, Charles Vil chez ses grands vassaux ; tous deux quittent l'Odéon au début de 1832. Il est à remarquer, d'ailleurs, que lebaron Taylor, suppléé depuis le 19 Mars 1830 par Albertin et depuis le 2i' Septembre par Mazères, a repris son poste de Commissaire royal le 6 Avril 1831, et que, durant cet été, le Théâtre français, dont les affaires ne sont pas brillantes, fait un appel pressant aux auteurs dramatiques (Renseignement communiqué par M. Couët). Il ne reste rien, ni de la tragédie de Lara ni de la diablerie du Prince des sots.

(4) On connaît le rôle de Gérard au moment à' Hernani . D'une lettre d'Août 1831, à propos de Marionde Lorme : « C'est ce soir Marion de Lorme de V. Hugo ; si vous ne craignez pas d'y assister du sein des bandes romantiques, venez à 5 heures précises. . . Nulle représentation, de longtemps, ne présentera la physionomie de celle-ci où les deux écoles seront aux prises. » (Vente du 18 Mai 1859.)

Page 1