CORRESPONDANCE PR
donner une certitude. J’aurai cent francs par mois pour . sept heures de travail chaque jour. Avec cela on ne meurt pas de faim et l’on peut encore être poëte. — D'ailleurs, ne t'inquiète pas trop sur ma position. Tu vois les choses un peu en noir, et je ris encore peut-être plus souvent que tu ne le penses.
J’irais sans doute dans le Midi, si Paul ne partait qu’au mois de septembre, mais jamais il n’attendra jusque-là. Ce sera quinze jours de plus de séparation entre nous. Quand tu verras Paul, juge-le sévèrement.
Je ne t’écrirai sans doute plus jusqu ’au 20, et comme a partir de cette époque je ne saurai où t adresser mes lettres, j’attendrai une lettre de toi avant tout. Or donc, écris-moi vers le 20, ainsi que tu me le promets, indiquemoi où je dois t’adresser mes lettres, à Aix ou à Marseille, et je te répondrai. — Mes respects à tes parents.
Je te serre la main. Courage! Ton ami.
Décidément, Paul reste à Paris jusqu’au mois de sep-
tembre ; mais est-ce là sa dernière décision ; j’ai pourtant l’espérance qu’il n’en changera pas.