‹ Correspondance (volume 2)Chapitre 56 sur 136 · A BENJAMIN WEBB · texte numérisé non relu

A BENJAMIN WEBB

Nouvelle manière de paxjer ses dettes.

Passy, 22 avril 1784.

Cher monsieur,

J'ai reçu votre lettre du 15 courant avec le mémoire qu'elle renfermait, Le récit que vous me faites de votre situation m'afflige. Je vous envoie, sous ce pli, un bon de dix louis d'or. Je ne prétends pas vous donner cette somme; je vous la prête seulement. En retournant clans votre pays, avec une bonne réputation, vous ne manquerez pas de trouver quelque emploi qui vous mette par la suite en état de payer toutes vos dettes. En ce cas, si vous rencontrez un autre honnête homme qui soit aussi dans la gêne, payez-moi en lui prêtant pareille somme; mais recommandez-lui en même temps de s'acquitter à son tour de la même manière, dès que ses moyens le lui permettront, et qu'il en trouvera l'occasion. J'espère que mes dix louis passeront ainsi en beaucoup de mains, avant de rencontrer un coquin qui les arrête au passage. Voilà mon petit stratagème pour faire beaucoup de bien avec peu d'argent. Je ne suis point assez riche pour dépenser beaucoup en bonnes œuvres ; je suis donc obligé d'user de finesse et de faire beaucoup avec peu. Je fais des vœux pour le succès de votre mémoire et pour votre prospérité future. Je suis, monsieur, votre très-obéissant serviteur*. B. F.

î. Voyez une lettre semblable, sup., p. 141.

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