‹ Correspondance (volume 2)Chapitre 96 sur 136 · Les Loyalistes ou Tories · texte numérisé non relu

Les Loyalistes ou Tories

A M. LE VEILLARD

Philadelphie, 15 avril 1787*

je suis tout à fait de votre avis : que nous n'aurons point accompli l'œuvre de notre indépendance, tant que notre dette publique ne sera pas liquidée. La Pensylvanie est au courant; quant aux États qui sont arriérés, ils cherchent en ce moment le moyen de rétablir Péquilibre, mais ils ne sont pas tous également actifs, ni également heureux en affaires. Cependant je suis convaincu que, dans quelques années, tout sera payé.

Les Anglais n'ont point encore rendu, conformément au traité, les postes qu'ils occupaient sur nos frontières. Le prétexte qu'ils allèguent est que nos négociants n'ont point encore payé leurs dettes. Je fus un peu piqué, lorsque j'appris un semblable procédé, et je fis à ce sujet quelques remarques que je vous envoie *. Il y a près d'un an qu'elles sont écrites, mais je ne les ai pas encore publiées, craignant d'encourager quelques-uns des nôtres à négliger leur devoir. C'est donc uniquement pour vous distraire, ainsi que notre excellent ami le duc de la Rochefoucauld, que je vous envoie ce morceau.

Quant à ma maladie, dont, vous vous informez avec tant de bonté, je n'ai pas douté un seul moment que ce ne fût la pierre , et je sens qu'elle a grossi ; mais en somme elle ne me fait pas plus souffrir qu'à Passy. Quand on vit longtemps, et qu'on veut boire jusqu'au fond le calice de la vie , il faut s'attendre à y trouver la lie ; et pour moi, quand je réfléchis à la quantité de terribles maladies auxquelles la nature humaine est sujette, je m'estime heureux qu'il ne me soit échu en partage que la goutte et la pierre.

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