Voyez les Essais de morale
obligeantes. Comme on vous l'a dit, la réception a été des plus flatteuses. Les deux parties de l'assemblée et du Conseil, les constitutionnels et les anticonstitionnels, se sont réunis pour me prier d'accepter la place de conseiller, et m1ont ensuite élu président1. Sur isoixante-quatorze membres du conseil et de l'assemblée qui votèrent à ma première élection, il n'y eut qu'une seule voix contraire, sans parler de la mienne ; et après un an de service , à ma seconde élection, je n'eus contre moi que ma voix. Les principaux membres du gouvernement me témoignent toute l'attention et me prêtent tout le concours désirable, pour me rendre mes fonctions aussi peu pénibles que possible. Ma seconde année se passe donc commodément et je ne vois pas d'apparence de changement; mais l'avenir est toujours incertain, soit que la Providence ou le hasard le dirige, et la faveur populaire est si précaire qu'on la perd quelquefois comme on la gagne, en faisant le bien. Je ne compte donc point sur la durée de ma félicité présente, et je ne serais nullement surpris de la voir diminuer, avant la fin de mes fonctions.
En général, ces États jouissent de la paix et de l'abondance. Quelques troubles ont eu lieu dans les gouvernements de Massachusetts et de Rhode-Island. Ceux du premier sont apaisés ; ceux de Rhode-Island proviennent de disputes pour et contre le papier-monnaie ; il est probable qu'ils ne cesseront pas de suite. Le Maryland est aussi divisé pour la même cause : l'assemblée est favorable au papier-monnaie, le sénat le rejette. Chacun de ces corps s'occupe, en ce moment, de gagner le peuple à son parti avant l'époque des élections prochaines, mais il est à présumer que l'assemblée l'emportera. On sait par expérience que le papier- monnaie offre des avantages, quand l'émission en est modérée, mais dès que la circulation ex-