‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 113 sur 138 · AU DUC DE LA ROCHEFAUCAUD · texte numérisé non relu

AU DUC DE LA ROCHEFAUCAUD

Philadelphie, 22 octobre 1788.

Nos affaires publiques commencent à prendre un aspect plus calme. Les disputes sur les défauts de notre nouvelle Constitution sont apaisées. Le premier Congrès corrigera sans doute les vices principaux, les Congrès suivants feront le reste. Le défaut dans vous me parlez n'a pas échappé à la Convention. Plusieurs membres, si j'ai bonne mémoire, voulaient que le Président ne pût être réélu après les quatre premières années; mais la majorité a été d'avis qu'il fallait laisser aux électeurs la liberté de choisir celui qui leur plairait. On a dit que cette incapacité rendrait le Président moins attentif aux devoirs de sa fonction et aux intérêts du peuple, qu'il le serait si une seconde élection dépendait de la bonne opinion qu'il donnerait de lui-même au pays. Nous faisons des eoopériences en politique ; la science que nous y gagnerons en sera plus certaine, mais peutêtre risquons-nous beaucoup avec cette façon de nous instruire.

J'ai fini mes trois années de Présidence, et je suis décidé à ne plus m'engager dans les affaires publiques ; j'espère donc jouir du peu de vie qui me reste, et goûter enfin ce repos après lequel j*ai soupiré si longtemps I Je compte l'employer à écrire cette histoire personnelle dont vous me parlez. Je Tai déjà conduite jusqu'à ma cinquantième année. Ce qui suivra contiendra des événements plus importants ; mais il me semble que cette première partie sera plus utile aux jeunes lecteurs; en leur montrant par un exemple frappant, les effets d'une conduite prudente et d'une conduite im|wwc/ew^e au commencement d'une vie d'affaires.

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