millons et demi de ficaocs
après que la première avait été acquittée. Ces traites arrivant en plus ou moins grande quantité, par chaque bâtiment et par chaque poste, il fallait qu'on fût toujours prêt à les recevoir. M. Franklin ne pouvait donc faire aucun voyage pour prendre de l'exercice, comme ir était habitué de le faire chaque année; cette vie sédentaire lui a occasionné une maladie qui durera vraisemblement autant que sa vie.
Bref, quoiqu'il ait toujours mené une vie très-actîve, jamais, il n'a eu, dans Tespace de huit ans, autant d'affaires à conduire que pendant cette résidence en France. Cependant il n'a pas voulu décliner cette charge avant d'avoir vu la paix heureusement conclue; il avait alors quatre-vingts ans^ âge auquel un homme a droit, ou jamais, de se reposer. >
Il est triste de dire que cette demande ne reçut point de réponse. Quand elle arriva entre les mains de Charles Thomson, le Congrès n'était plus en nombre, il est douteux qu'elle ait jamais été présentée. Ce qui est certain c'est que Franklin mourut, nonseulement sans qu'on lui tînt compte de ses services ecctraordinaireSy mais sans que le Congrès lui eût voté des remercîments pour les longs et heureux services qu'il avait rendus à son pays. L'histoire s'est chargée de vcDger Franklin de l'ingratitude du Congrès.
A ALEXÀNDER SMALL.
Philadelphie, 17 février 1789.
Cher ami,
Je reçois à l'instant votre bonne lettre du 29 novembre; je vous suis fort obligé de l'attention amicale
que vous avez eue en m'envoyant une recette, dont je pourrai essayer à l'occasion. Mais ma pierre est fort grosse (si j'en juge par la pesanteur avec laquelle elle tombe, quand je me retourne. dans mon lit) et je n'ai guère l'espoir de la faire dissoudre par aucun remède; en outre, depuis quelque temps, j'ai très-peu souffert et je crains tout médicament. Je vous félicite de vous être tiré d'affaire, en évacuant la vôtre, quoiqu'elle fût de la grosseur d'un haricot. Si vous l'aviez gardée plus longtemps, elle serait devenue bientôt trop grosse pour passer, et elle vous eût fait souf* frir comme moi.
Après avoir fait mes trois années de présidence, j'ai renoncé aux affaires publiques et je jouis de Votium cum dignitate ' . Mes amis m'honorent de leurs visites fréquentes; j'ai maintenant le loisir de les recevoir et d'en jouir. La Société philosophique et la Société des recherches politiques tiennent leurs séances dans ma maison, que j'ai augmentée d'un nouveau bâtiment. Cela me donne une belle salle pour nos réunions, une autre pièce qui renfermé ma bibliothèque, aujourd'hui très-considérable, et enfin, au-dessus de tout cela, quelques appartements. Ma fille m'a donné sept petits enfants de la plus belle espérance, qui jouent avec moi et qui m'amusent. Quand je suis indisposé, ma fille est pour moi une garde attentive et tendre, de sorte que je passe une vie aussi agréable qu'aucun homme de inon âge peut la souhaiter. Il ne me reste qu'à désirer une fin plus heureuse que celle dont ma maladie semble me menacer.
La surdité, dont vous vous plaignez, m'afflige pour vous; si elle est forte, elle doit singulièrement diminuer le plaisir que vous trouvez à converser avec vos amis. Si elle est peu considérable, vous y pouvez remédier d'une manière simple et facile : il suffit d'appliquer derrière votre oreille vos