‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 121 sur 138 · A RICHARD PRICE · texte numérisé non relu

A RICHARD PRICE

Philadelphie, 31 mai 1789.

Mon très-cher ami.

J'ai reçu dernièrement votre bonne lettre qui en renfermait une où miss Kity Shipley m'informait de la mort du bon évêque. Cette nouvelle m*a fort affligé. Mes amis disparaissent l'un après l'autre, alors que mon âge et mes infirmités m'empêchent d'en faire de nouveaux. Et quand môme je conserverais l'activité et les dispositions nécessaires, je ne vois pas où je pourrais trouver, dans la génération présente, des amis aussi bons que ceux que je perds. De sorte que, plus je vivrai, plus je dois m'attendre à être misérable. A mesure que nous approchons du terme de la vie, la nature nous fournit de nouveaux secours pour nous en détacher : et l'un des plus puissants, c'est la perte de si chers amis.

Je joins à cette lettre les deux volumes de nos Transac-

tions; je ne me rappelle plus si vous avez ou non reçu le premier. Si vous Pavez, obligez moi de remettre celui que je vous envoie à Tambassadeur de France, en le priant de le faire tenir au bon duc de La Rochefoucauld.

Mes vœux les plus chers vous accompagnent, mon cher ami, etc. B. F.

Page 1