‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 135 sur 138 · Je traduis la traduction anglaise. L'original est perdu · texte numérisé non relu

Je traduis la traduction anglaise. L'original est perdu

3/i8 CORRESPONDANCE

à Tiûtérêt que nous prenions à rAmérique, et aux vœux que nous faisions pour sa liberté.

« A la fin l'heure de la France est venue. Nous aimons à penser que les citoyens des États-Unis n'ont pas regardé d'un œil indifférent nos progrès vers la liberté. Vingt-six millions d'hommes brisant leurs chaînes, et sérieusement occupés à se donner une Constitution durable, ne sont pas un spectacle indigne d'un peuple généreux qui nous a précédés dans cette noble carrière.

« Nous espérons que les citoyens des États-Unis verront avec intérêt les hommages funèbres que nous avons rendus au Nestor de l'Amérique. Puisse cet acte solennel d'amitié fraternelle resserrer de plus en plus le lien qui doit unir deux nations libres ! Puisse la commune jouissance de la liberté se répandre sur le globe entier, et unir d'une alliance indissoluble tous les peuples de la terre I Ne devraient-ils pas comprendre que s'ils veulent atteindre leur véritable bonheur, c'est en s'entendant et en s'aimant les uns les autres qu'ils y arriveront ; ce n'est point par des jalousies et des combats.

« Puissent le Congrès des États-Unis et l'Assemblée nationale de France être les premiers à donner au monde ce beau spectacle ! Puissent les citoyens des deux nations se lier ensemble par une affection mutuelle, digne de l'amitié qui unit les deux hommes qui sont aujourd'hui les plus célèbres par leurs efforts en faveur de la liberté, Washington et Lafayette !

Trois jours après le décret de TAssemblée nationale, M. de la Rochefoucauld lut à la Société de 1789 un Essai sur la vie de Franklin. Les membres de la société volèrent un deuil de trois jours, et jQrent placer dans la salle des séances le buste de l'illustre mort, avec cette inscription : Hommage rendu^ par le suffrage

DE BENJAMIN FRANEUN. 849

unanime de la société de 1789 à Benjamin Franklin, V objet de V admiration et des regrets des amis de la liberté.

La commune de Paris ordonna une cérémonie publique en l'honneur de Franklin. La halle aux blés fut tendue de noir , Tabbé Pauchet y prononça, l'éloge civique du sage de Philadelphie, en présence d'une foule de députés, d'électeurs et de citoyens.

Le 13 novembre 1790, Condorcet prononça devant l'Académie des sciences im Éloge de Franklin, qui est fort bien fait et rempli de détails intéressants.

Enfin la société des imprimeurs de Paris voulut honorer à sa façon la mémoire de son glorieux confrère. On se réunit dans une grande salle, où sur un piédestal était le buste de Franklin, surmonté d'une couronne civique. Tandis qu'un des membres de la société prononçait l'éloge de Franklin, on composait le discours, on l'imprimait, et on le distribuait à l'assemblée ^

Un siècle aura bientôt passé sur Franklin et ses admirateurs; sa gloire a-t-elle faibli? Est-il moins populaire en France? Non, il est toujours resté un des nôtres; chacun de nous connaît cette figure si fine et si humaine, chacun de nous sait l'histoire de cet ouvrier qui, k force de travail, d'économie, d'énergie, de patriotisme s'est élevé au premier rang dans la science et la politique, chacun de nous répète le beau vers où Turgot a résumé les titres de Franklin à l'estime des hommes. J'oserai dire que cette réputation est destinée à s'accroître; plus le peuple s'instruira, plus il aimera celui qui lui a enseigné ses droits et

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