AU COMTE DE VERGENNES
Passy, 3 mai 1785 Monsieur,
J'ai l'honneur d'informer Votre Excellence que j'ai enfin obtenu et reçu depuis hier la permission du Congrès pour retourner en Amérique. Comme ma, maladie me met hors d'état de me présenter à Versailles pour y rendre mes devoirs, oserai -je vous prier, monsieur, d'exprimer respectueusement en mon nom à Sa Majesté le profond senti-
ment qae je garde des bienfaits inestimables qae sa bont6 a conférés à ma patrie. Imprimer ce sentiment dans Tâme de tous mes compatriotes, ce sera désormais l'affaire du peu qui me reste de vie. Je prie Dieu sincèrement qu'il verse ses bénédictions sur le roi, la reine, leurs enfants et toute la famille royale, jusqu'à la dernière génération!
Permettez-moi en même temps de vous offrir mes remerciments pour la protection et le soutien que vous m'avez donnés à mon arrivée, et pour toutes les faveurs dont vous m'avez comblé durant mon séjour en France; j'en conserverai toujours le souvenir le plus reconnaissant. Mon petit-fils voulait avoir Thonneur de vous présenter cette lettre; mais il est depuis quelque temps malade de la fièvre.
Avec la plus grande estime et le plus grand respect, avec les vœux les plus ardents pour votre bonheur et celui de toute votre aimable famille, je suis, monsieur, de Votre Excellence, le très-obéissant et très-humble serviteur,
A MISTRISS MARY HEWSON *.
Passy, 5 mai 1185.
Ma chère, chère amie,
J'ai reçu votre petit mot de Douvres; il m'a fait grand plaisir en m'apprenant votre heureux retour en Angleterre; j'espère que le reste de votre voyage n'aura pas été moins favorisé.
Vous me parlez d'obligations, quand en fait je suis l'obligé. J'ai passé un long hiver qui m'a paru le plus court de tous ceux que j'ai passés. Tel est l'effet d'une agréable société avec des amis qu'on aime.
J'ai reçu ma permission de retour, et je fais mes prépa-