‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 92 sur 138 · A EDOUARD BANCROFT · texte numérisé non relu

A EDOUARD BANCROFT

Nouvelle édition des écrits de FrancMin.

Philadelphie, 26 novembre 1785.

Cher monsieur,

J'ai reçu votre bonne lettre du 5 septembre, qui m'apprend que M. Dilly a l'intention d'imprimer une nouvelle édition de mes écrits, et qu'il désire que je lui fournisse toutes les additions que je jugerai convenables. En ce moment tous mes papiers et tous mes manuscrits sont tellement mêlés avec d'autres choses, par suite des déménagements soudains, qui ont eu lieu pendant la révolution, que je ne retrouve rien. Mais, comme je viens d'agrandir ma maison, ce qui me donne de la place pour mettre tout en ordre, j'espère.que je pourrai bientôt faire ce que demande M. Dilly; mais j'espère aussi que M. Dilly voudra bien s'entendre avec Henry et Johnson. Ces messieurs, qui ont fait la dernière édition, peuvent se croire quelques droits sur mes écrits. Qtfant à la Vie qu'on propose d'écrire, si elle est de la main qui a fourni au docteur Lettsom l'esquisse qu'il m'a envoyée, j'ai peur qu'il s'y trouve plus d'erreurs que vous et moi n'en voulions corriger. D'un autre côté mes amis, MM. Yaughan, M. Le Veillard, M. James de Philadelphie et quelques autres, m'ayant persuadé que cette Fte, écrite par moi-môme, pourrait servir aux générations à venir, j'ai commencé à l'écrire, et j'espère finir cet hiver ; je désire donc qu'on ne donne pas suite aux projets du biographe que propose M. Dilly. Je ne vous en suis pas moins obligé de l'offre aimable que vous me faîtes de corriger cette biographie.

Quant aux affaires publiques, il y a longtemps que j'ai abandonné tout espoir de faire un traité de commerce avec la Grande-Bretagne ; je crois que sans un traité nous

nous tirerons d Waire, tout aussi bien, sinon mieux qu'elle. Nos moissons sont abondantes, nos produits obtiennent un prix élevé en argent comptant; il y a de toutes parts des signes incontestables de prospérité publique. Il est vrai que nous découvrons quelques erreurs dans notre constitution générale et dans nos constitutions particulières; cela n^est pas étonnant si Ton considère en quel temps elles ont été faites. Mais nous les corrigerons bientôt. Les petits désordres que quelques têtes folles ont excités dans certains États, s'apaisent et seront bientôt étouffés. Mes meilleurs vœux vous suivent ainsi que ceux de ma famille. Nous serons heureux de vous voir ici, quand il vous conviendra de nous faire visite ; je suis, etc. B. F.

▲ JAMES BOWDOm.

Passage en ballon éPAngktêrre en France par t$ docUwr

Jêfffies.

Philadelphie, 1* janvier 1786.

Mon cher ami,

J'ai eu grand plaisir à recevoir votre bonne lettre de félicitations; elle m'a prouvé que tous mes vieux amis de Boston ne s'étaient pas éloignés de moi malgré les calomnies qu'on a répandues sur ma conduite ; un des plus estimés m'a gardé son affection. Vous êtes maintenant presque le seul ami que m'ait laissé la nature ; car depuis que nous nous sommes vus, la mort m'a enlevé mes chers amis Cooper, Winthrop, et Quîncy.

n y a quelques semaines je vous ai envoyé par M. Gerry, le récit que le docteur JeflHes a fait de son voyage aérien d'Angleterre en France. Je l'ai reçu au moment de mon départ. Dans la lettre qui accompagnait cet envoi, Jeffries me priait de ne point laisser imprimer ce récit, parce qu'il

en avait remià une copie à sir Joseph Banks, pour la lire en novembre à la Société royale. Si la Société ne le puBlie pas, ce qui pourra bien être, car jusqu'à présent elle a évité de se mêler de la question des ballons, je vous serais obligé de me renvoyer Toriginal. En attendant, ce récit pourra vous amuser, vous et votre société. Ma connaissance avec le docteur Jeffries a commencé par la visite qu'il m'a faite en m'apportant la première lettre, qui d'Angleterre en France soit venue en l'air.

Je vous souhaite ainsi qu'à la bonne Mme Bowdoin un heureux nouvel an, accompagné de beaucoup d'autres, et j'ai l'honneur d'être, cher monsieur, etc. B. F,

A JANE MECOM.

Philadelphie 24 janvier 1786.

Votre lettre à M. Y.... me semble convenable et bien écrite ; je crois qu'il avait tort de retenir les cinq dollars. Mais en considérant que la loi ne l'obligeait point de payer une dette contractée par son fils, nous devons être heureux de ce que nous avons reçu. Songez en oul3>e qu'il vous a payé en silence, tandis que l'usage commun est de payer l'intérêt des vieilles dettes en l'accompagnant de méchants propos. C'est une famille avec laquelle j'ai été autrefois lié d'amitié, je ne voudrais pas que vous l'importunassiez de nouvelles demandes.

Je ne m'étonne pas que vous me blâmiez d'accepter le gouvernement de mon pays. Nous avons tous assez de sagesse pour juger de ce que les autres devraient ou ne devraient pas faire; et il est possible que je ne vous blâmasse pas moins si vous acceptiez la main d'un jeune mari'. Mon exemple doit vous apprendre à ne pas trop vous fier à votre

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