A LA MÊME
Vétaih iwr Londreê, — Cadeaux.
Iiondres^ 19 février 1758.
Ma obère enfant,
Je vous ai écrit dernièrement, plusieurs fois, et longae* ment. Hier soir j'ai reçu vos lettres du l** et du 6 janvier; elles m'ont donné le grand plaisir d'apprendre que vous vous portez bien, vous et ma petite famille. J'espère que Yous continuez d'être en bonne santé, et que c'est ainsi que j'aurai le bonheur de vous retrouver. La lettre que vous dites m'ayoir envoyée par le capitaine Robinson ne m'est point parvenue; j'ai reçu celle dont M. Hunt était chargé, et j'y ai répondu.
Je regrette la perte de mon ami Parsons. La mort commence à faire brèche dans notre petite junte de vieux amis, qu'elle avait longtemps épargnée; il faut nous attendre qu'elle nous prendra bientôt, l'un après l'autre.
J'avais déjà suivi, sans le connaître, le bon conseil que vous me donnez d'avoir une voiture. Chaque fois que je sortais, je m'enrhumais; mais dans ce quartier de la ville où beaucoup de gens ont leurs voitures à eux, les voitures de louage sont les plus mauvaises de Londres; on ne peut imaginer rien de plus misérable, de plus sale, de plus délabré; on n'y peut monter quand on est proprement vêtu, et on rougirait d'en descendre à la porte d'une honnête maison. Quant à brûler du bois, cela ne servirait à rien, à moins d*en fournir les voisins et la cité tout entière. La ville n'est rien qu'une grande maison enfumée, chaque rue est une cheminée, l'air est rempli de suie de charbon de terre et, pour respirer un peu d'air pur, il faut s'éloigner de plusieurs milles et gagner les champs.
Faites mes remerclments au docteur Bond pour le soin çnïJ prend de vous. Je lui ai écrit par ce vaisseau.
M. Honter et Polly parlent de retourner ce printemps. M. Hunter est merveilleusement revenu à la santé . Tous deux désirent se rappeler à votre souvenir. Polly a reçu votre lettre et y a répondu; f ai mis sa réponse dans une des mes lettres. Sa flUe Rachel , qui joue du clavecin et qui chanta agréablement, envoie à Sally une de ses chansons qpl m'a plu.
Je vous envoie par le capitaine Budden une grande caisse et une petite boite. Dans la grande caisse est une autre petite boite qui contient de la porcelaine anglaise : ce sont des melons et des feuilles pour un dessert de fruit et de crème ou chose semblable. Il y a aussi un bol, fait à Bow, près d'ici, et qui est remarquable par la netteté des figures, quelques tasses à café de môme fabrique, et un bol com« mun qui vient de Worcester. Pour montrer la différence du travail, j'y ai mis un échantillon de toutes les porcelaines d'Angleterre, et un vieux bassin, vrai chine, qui •st racommodé, et d'une couleur bicarré.
La même boite contient quatre salières d'argent, fort laides, mais à la dernière modo, un petit outil pour éplucher les pommes, un autre pour faire de petits navets avec de grands, six nappes à déjeuner, en toile écrue et ouvrée. On les met sur la table à thé, car personne ici ne déjeune sur une table nue et on place sur la nappe un grand plateau à thé avec les tasses. Il y a aussi un petit panier; c'est un cadeau que mistriss Stevenson fait à Sally ; et pour vous une paire de jarretières, qui ont été tricotées par une jeune demoiselle, miss Mary Stevenson. Elle a eu la bonté de m'en faire une paire de pareilles; ce sont les seules que j'ai pu porter, parce qu'elles n'ont pas besoin de serrer à la jambe : les côtes les empochent de glisser. On vous les envoie comme une curiosité, à cause de la forme, beaucoup plus que pour leur valeur. Ooody Smith ' pourra,