‹ Correspondance (volume 5)Chapitre 4 sur 86 · PRÉFACE. V · texte numérisé non relu

PRÉFACE. V

dur qu'on l'imagine, ou s'il n'y avait pas en lui une veine de tendresse qui n'a jamais tari. Croit-on d'ailleurs que l'amour de la patrie n'ait pas la même source que tout autre amour, et qui jamais aima sa pairie plus vivement que ne l'a fait Franklin? Il est vrai que, en toute occasion, dans ses plaisirs comme dans se& peines, la raison ne l'abandonne jamais ; mais pour qui ne prend pas la faiblesse pour la forcé, y a-t-il là une preuve de sécheresse, et jamais la raison l'a-t-elle empêché de s'oublier pour les autres, ou de se sacrifier pour son pays?

Ce qui manque à Franklin, ce qu'on lui reprochera peut-être, c'est son peu de goût pour l'antiquité et les arts. L'homme qui avoue franchement que si, dans un voyage en Italie, il pouvait trouver la recette du fromage parmesan, cela lui ferait plus de plaisir que la copie de la plus belle inscription prise de la plus vieille pierre i, cet homme-là n'est pas fait assurément pour plaire aux amis de la Grèce et de Rome. Peut-être même, malgré ses découvertes sur la foudre, et la curiosité de son esprit chercheur, ne plaira-t-il pas davantage aux savants celui qui, interrogé sur la découverte qui serait la plus utile aux hommes, répond simplement : Ce se-

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