A SAMUEL MATHER
Imrease MatJier.^ Découverte de V Amérique aixmt Colomb,
— Les traitres.
Londres, 7 juillet 1778.
Révérend monsieur,
Par mon billet du 4 de ce mois, je vous ai accusé récep^ tion de votre lettre du 18 mars, et je vous ai envoyé deux brochures. Aujourd'hui j'en ajoute une troisième, c'est une adresse courageuse aux évêques qui se sont opposés à la pétition des dissidents '. Elle est faite par un ministre dis-
1. Les dissidents demandaient l'égalité des droits politiques.
DE BENJAMIN PRANKLtN. 315
sident de York. A la fin il y a une petite pièce de moi sur le môme sujet.
J'ai lu vos traités avecplaisir. Je vois que vous avez hérité do toute la science variée de vos fameux ancêtres Gotton et Increase Mather*. J'ai entendu Increase prêcher pour M. Pemherton au temple d^Old- South, et j e me rappelle qu'il annonça la mort a de ce vieux et méchant persécuteur du peuple de Dieu, Louis XIV, j» nouvelle qu'on venait de recevoir, mais qui se trouva prématurée. Quelques années plus tard j'eus occasion de le voir dans sa maison de North- End; ie l'aperçois encore assis dans une chaise longue, aveo l'air très-vieux et très-faihle. Quant à Gotton, je me le rappelle dans toute la vigueur de sa prédication et de son ministère.
Vous n'avez rien négligé pour prouver que les anciens ont pu connaître TAmérique. Les Norwégiens aussi prétendent l'avoir découverte; c'est un fait dont vous ne parlez pas, à moins que vous n'y fassiez allusion dans les mots : depuis longtemps vus et observés ^ de la page 7.
Il y a environ vingt-cinq ans qu'un savant suédois, le professeur Kalm, était chez nous, en Pensylvanie. Il soutenait que l'Amérique avait été découverte par les Norwégiens longtemps avant Golomh. Gomme j'exprimais des doutes, il fît pour moi une note de ces découvertes que je vous envoie ci- incluse. G'est son écriture et son anglais; anglais fort intelligible pour le peu de temps que M. Kalm est resté chez nous. Les détails donnent à ce récit un grand air d'authenticité. Si l'on en peut juger par la description de l'hiver, le pays que les Norwégiens ont visité serait au sud de la Nouvelle-Angleterre, en supposant que depuis lors le climat n'ait pas changé. Mais si, comme nous le disent Krantz et quelques autres historiens, il est vrai que les glaces aient rendu inhabitable l'ancien Groenland,