AVANT-PROPOS. S
nients qu'il mêle à ses avantages, et des déceptions dont il gâte ses bonnes fortunes. Toute réflexion faite, nous nous sommes décidé, imitant des devanciers autorisés, et profitant d'une sorte de tradition, en matière de Correspondances, à adopter purement et simplement Tordre le plus simple, celui qui reproduit le plus fidèlement la réalité, et qui donne aux Recueils de lettres le mouvement, la variété et la vie, V ordre chronologique.
C'est dans cet ordre, qui peut donner matière à des comparaisons utiles , ou prétexte à des contrastes piquants , que nous publierons la Correspondance de madame du Deffand, c'està-dire les lettres dont elle est l'auteur, le but ou l'occasion, ses lettres et celles de ses amis. Souvent le dialogue sera réduit en monologue. L'absence de plusieurs réponses nous forcera de nous en tenir à la demandé ; mais quand la demande est spirituelle, ingénieuse, pleine de faits et d'anecdotes, la réponse se devine. C'est un remerciment ou un compliment, et le lecteur, par s^ satisfaction, suppléera facilement à la galanterie du destinataire.
Dans l'espèce, l'ordre chronologique a d'autant plus d'avantages qu'il aura, grâce à des circonstances particulières, peu d'inconvénients, peu surtout de celui que nous redoutions le plus.
Les trois principaux groupes de Correspondances du Recueil, les Letti^es au président Hénault, celles à Voltaire' et celles à Horace Walpole, se suivent, à peu près sans interruption, par séries successives, dont, sauf de rares exceptions, aucune n'empiète sur l'autre. Il n'y a donc pas trop à craindre ce mélange et ce désordre qui nous avaient d'abord effrayé , et fait reculer devant l'exemple des éditeurs de madame de Se vigne.
1 Nous n'imprimerons, parmi les lettres de Voltaire, que celles qui pourraient être inédites. Nous renverrons pour les autres, quand madame du Deffand y répond, à l'édition Bcuchot. Les lettres de Voltaire sont dans toutes les bibliothèques, et auraient trop grossi notre recueil.