‹ Correspondance complète de Madame duchesse d'Orleans née Princesse Palatine, mère du regent; (volume 2)Chapitre 12 sur 22 · A MADAME DE MAINTENON · texte numérisé non relu

A MADAME DE MAINTENON

Ce mercredy, !«' jain (1701), à onse heures ëa amUti,

Si je n'avois eue la fièvre et de grandes vapeurs , Madame , du triste employ que j'eust avant-hier d'ou-

^ Lettre tranBcrlte sur l'aatographe qal ee trouve à la bibtlotbèque du Louvre. Volume F 328 , Lettres autographes de Louis XIV, etc. » fol. 93. Une autre lettre autographe de Madame à Mme de Maintcnon se trouve dans le même volume, p. 95 • dlto ne porte pas de date ; nous la plaçons icL

DE MADAME LA DUCHESSE D'ORLÉANS. Si

vrir les cassettes de Monsieur toultes parfumées des plus violentes senteurs, vous auriez eue plustôt de mes nouvelles, mais je ne puis me tenir de vous marquer à quel point je suis touchée des grâces que le rof a fait hier à mon iils , et de la manière qu'il ea eusse pour luy et pour moy ; corne ce sont des suittes de vos bons conseils , Madame » trouves bon que jn» vous en marque ma sensibilité et que je vous assure que je vous tiendres très inviolablement Tamitié que je vous ai promise, et je vous prie de me continuer vos conseils et advis et de ne jamais doutter de ma recoa<» noissance, qui ne peut finir qu'avec ma vie.

Ce lamedy maUn i 1 1 heurei et demie.

Corne je n'ay Thonncur de voir le roy qu'en publîq, je n'ay piist luy dire que j'avoîs reçue encore une lettre de la reine d'Espagne, et quoy quelle me défende de faire semblant d'avoir reçue sa lettre, je ne veux point avoir de secret que le roy ne sache ; j'ay cru que vous trouveriez bon. Madame, que je m'adresse à vous pour vous prier de montrer cette lettre au roy et aussi la response que j'y ai faitte pour voir s'il Taprouve, et si cela est, je vous prie de me la renvoyer, car riionmie qui m'a donnés la lettre de la rdne d'Espagne en attand la response ce soir. Ayez la bonté de me marquer la volonté du roy ; je seres toujours ravie de les aprendre par vous. Madame, pour qui je' me sens asteure une véritable amitié fondée sur une grande estime.

A LA COMTESSE LOUISE

VerrailleB, 15 Juillet 1701.

Ma santé est toujours fort affaiblie; voici la preiniëre fois depuis huit jours que la fièvre m*a quittée; j'ai eu, depuis le malheur qui in*a frappée , dix-huit accès de fièvre, et je croyais que la volonté de Dieu était de terminer ma triste vie , mais il n'en a pas été ainsi. Il me reste encore une très- grande lassitude et beaucoup de faiblesse dans les jambes, ce que j'attri« bue à l'impression que m'a fait éprouver la mort de Monsieur; mes jambes sont restées à trembler durant vingt-quatre heures, comme lorsqu^on a un très-violent accès de fièvre; on ne peut rien voir de plus effroyable que ce dont j'ai été témoin. À neuf heures du soir. Monsieur sort de ma chambre en parfaite santé, gai et riant; à dix heures et demie, on m'appelle, et je le trouve sans connaissance ; il me reconnut encore et prononça quelques mots avec beaucoup de peine. Je restai toute la nuit auprès de lui, et le lendemain matin à six heures , lorsqu'il n'y eut plus aucun espoir, on m'emporta sans connaissance '• Je

^ Lire dans Saint-Simon (t. IV» p. 323) le récit de la mort de Monsieur : « On peut Juger quelle horreur ce fut à Saint- « Gloud, ce palais des délices. Madame, qui n'avoit Jamais eu ni « grande affection, ni grande estime pour Monsieur, mais qui ff sentoit sa perte et sa chute, s'écrioit de toutes ses forces : « Point de couvent ! je ne veux point de couvent ; qu'on ne me « parle pas de couvent ! — EUe savoit que, par son contrat ff de mariage, en devenant veuve, elle devoit opter entre un « couvent et le château de Montargis. » Ce que nous ne trouvons pus dans la correspondance de Madame, c'est le récit d'une anec-

DE MADAME LA DUCHBSSË D*ORLÈANS. 53

VOUS suis bien obligée de joute la part que vous prenez à mon mallieur, qui est affreux, et je vous remercie de tout mon cœur. Je vous prie aussi de faire savoir à ia reine douairière de Danemark combien je suis touchée de ce que Sa Majesté a bien voulu se souvenir de moi dans mon infortune.

liarly, 39 JuUlel 170t.

J*aurais bien besoin de trouver, dans ma triste situation, quelque chose qui pût me divertir; tout m*est interdit à présent, excepté la promenade; ma plus grande consolation est dans les bontés dont le roi continue à me donner des preuves; il est venu me voir et m'a menée à la promenade avec lui. Samedi était le jour de l'enterrement de Monsieur, et quoique je n'y fusse pas, j'ai bien pleuré, comme on peut l'imaginer.

Vemille», 11 août 1701.

j'ai fort à mo louer des grâces du roi, ainsi que mon fils, que Sa Majesté a fait un grand seigneur ; j'en suis bien contente pour lui ; nous vivons très-bien ensemble ; c'est un bon garçon et il a de très-boni senti^ments.

dote qol se passa à cette ëpoqne, et qui fat bien dore poor la fière Allemande. Le ministre Torcy intercepta une lettre adressée t l'électrice de Hanovre, et dans laquelle Mme de Maintenon était affublée des désignations les plus outrageantes. On peut lire toute cette scène dans Saint-Simon ; Madame, oubliant sa sincérité habituelle, nia d*abord, puis, foudroyée à la vue de la lettre malencontreuse, elle Unit par tout avouer avec repentir, cris, pleurs et demande de pardon.

VenaillM, 13 octobre 1701.

Ma santé est maintenant parraite, et pour la consçrver telle, je me promène en voiture le plus que je peux; tous ceux qui sont ici vont avec le roi tous les jours à la chasse, et deux fois par semaine à la comédie; moi seule j'en suis privée, comme vous pouvez croire» et, entre nouft, ce n'est pas pour moi une petite mortification de me trouver privée de ces deux amusements. Je me promène souvent à pied, et je fais chaque fois une bonne lieue à travers la forêt ; cela dissipe la mélancolie qui m*accablerait autrement, surtout lorsque j'entends parler d'affaires dont je n'avais précédemment jamais entendu dire un mot de toute ma vie. ïl serait bien heureux que je pusse entendre les affaires aussi bien que vous , mais je ne peux rien comprendre à ces choses-là, et à cinquante ans» on est trop âgé pour se mettre à apprendre; ce serait le moyen de me rendre importune et fâcheuse comme une punaise, A propos de punaises, elles ont presque entièrement mangé la jeune reine d'Espagne, lors de $on passage sur les galères espagnoles * ; on a été obligé (te veiUei' sur elle toute la nuit; elle est arrivée depuis quelques jours à Toulon, d'où elle se rendra par terre à Barcelone. Elle ne pouvait plus supporter la mer, à ce qu'elle m'a écrit, le ne voudrais pas être à sa place : être reine, c'est en tout pays chose pénible; mais reine d'Espagne, c'est le pire de tout. Le roi

> Ce fait est égalegient consigné dans le Journal de Dan- ^au (7 octobre 1701 ]. La reine d'Espagne dont 11 s'agit était la pnnceâse de Savoie, première fe^une de PlùUppe Y*

Guillaoïiie change souvent de favori; on dit qu*un noaveau est venu prendre la place d*Albemarle; il ne fant pas s'étonner s'il n'a pas donné à la reine de^rivale durant sa vie, car ce roi n'a aucun penchant pour les femmes.

Je dois avouer que la mort du roi Jacques ' m'a rendue toute triste ; sa veuve est dans une situation qui attendrirait un rocher ; le bon roi Jacques est mort avec une fermeté qu'on ne saurait décrire et avec au* tant de tranquillité que s'il allait s'endormir; la veille

* Ce mooarque avait joué un triste rôle depuis qu'il était réfugié en France. « Jacques H parut tout à fait indigne du trône. « Od cessa de s'intéresser à un étranger apatliique, qui seml)Ioit « lui-même ne pas s'intéresser à son propre sort. Les courtisans « le trouvèrent fort ridicule avec sa bigoterie si puérile, sa « femme si intrigante et ses maîtresses si laides. On méprisa « rinsolence d^un Anglais qui, nourri à Saint- Germain des bien- « faits^ de Louis XIV, alTectoit de touolier les écrouelles en sa « prétendue qualité de roi de France n (Lemontey ].'Saint-Si* mon (t. X, p. 9) raconte une anecdote piquante. La Roquette, évéque d'Autun ( « c'est sur lui que Molière prit son Tartufe, et personne ne s'y méprit • ), souffrait d'une fistule lacrymale; peu 4e temps après la mort de Jacques il, il s'en prétendit guéri par son intercession, il fit part de ce miracle à la veuve de Jacques, au roi et à Mo^e de Maintenon. « Mais la fistule reparut « peu de jours après, et Tévéque fut si honteux du mauvais suceès « 4e cette intrigue, qu'il s'enfuit dans son diocèse. 11 avoit été « valet à tout faire du cardinal Masarin. » Lenet et l'abbé de Gboisy donnent dans leurs MéiHoires des détails piquants sur ce personnage, dont il est parfois question dans les lettres de Mme de Se vigne, et sur lequel porte une épigramme attribuée à Boileau, mais à tort, ainsi que l'a montré M. Borriat-Saint-Prix, dans 9on excellente édition des œuvres de l'auteur du Lutrin (1820, t. 11, p. 489). Des détails sur ce prélat trop décrié se trouvent dans une note de V édition de La Bruyère, donnée par M< WMckonaër« p. 706.

de sa mort, il a dit : « Je pardonne de tout mon cœur à ma fille tout le mal qu'elle m'a fait, et je prie Dieu de lui pardonner, ainsi qu'au prince d'Orange et à tous mes ennemis. »

Fontainebleau, 13 octobre 1701.

La reine d'Angleterre ne peut se consoler de la mort de son mari, quoiqu'elle supporte son malheur avec une résignation toute chrétienne. Je ne savais pas que le roi de Danemark envoyât des troupes en Italie; elles ne sont pas nécessaires , car les aflaires des Ira* périaux ne vont que trop bien dans ce pays. Je n*ai d'ailleurs rien de neuf à vous dire ; je me promène, je lis, j'écris, et quelquefois le roi me mène à la chasse dans sa calèche ; il y a chasse tous les jours ; le dimanche, ainsi que le mercredi, c'est mon fils; le roi chasse le lundi et le jeudi ; le mercredi et le samedi, M. le Dauphin va à la chasse du loup; M. le comte de Toulouse chasse le lundi et le mercredi ; le duc du Maine, son frère, le mardi, et M. le duc le ven-* dredi*. On dit que si tous les équipages de chasse

1 Monsieur le Duc, c'est-à-dire le doc de Bourbon. C'était le petit-ÛIsdu grand Condé. Saint-Simon en trace un portrait bien peu flatteur : « G'étoit un homme très-considérablement plus petit - « que le plus petit des hommes, qui, sans être gros, étoit gros « partout, la tète grosse à surprendre et un visage qui faisoit « peur. Il étoit d'un jaune très-livide, Tair presque furieux, n mais en tout temps si lier et si audacieux qu'on avoit peine à « s'accoutumer à lui. Il avoit de l'esprit, de la lecture, des restes « d'une excellente éducation, de la politesse, et des grâces « même quand il le vouloit, mais il ne ie vouloit que très-ra- « rement; ses mœurs perverses lui parurent une vertu. »

Quant à sa femme, dont il est parfois question dans les lettres

DE MADABIE LA DUCHESSE d'ORLÉANS. 57

étaient réunis, on verrait ensemble 900 à 1 ,000 chiens. Deux fois par semaine, il y a comédie ; mais vous com^ prenez bien que je ne vais nulle part, ce qui me con^ trarie fort, car je dois avouer que la comédie est encore le plus grand amusement que j*aie en ce monde et io seul plaisir qui me reste.

4 Dorembre 1701.

Il n*y a pas longtemps qu'on m'a communiqué une des chansons faites sur la guerre d'Italie; elle m'a fait rire, car la façon dont les Français parlent Vallemand y est retracée d'une façon fort plaisante.

Vous auriez tort de supposer que j'ai cessé de lire la Bible ; je lis tous les matins trois chapitres. Vous ne devez pas imaginer que les catholiques français soient aussi sots que les catholiques allemands ; c'est une tout autre chose, et on dirait que c'est une religion entièrement différente ; lit la sainte Écriture qui veut ; personne ici ne regarde le pape comme infaillible, et lorsqu'il excommunia Lavardin à Rome, on

de Madame, on rappelait Mme u Duchesse : c'était M^e de Nantes, ûlle naturelle de Louis XIV, mariée le 24 juillet 1G85 au duc de Bourbon. Saint-Simon en afait un portrait un peu Ir)ng, mais piquant : « Dans un taille contreraite, mais qui s'aperce- « voit peu, sa figure étoit formée pour les plus tendres amours, « et son esprit étoit fait pour se jouer d'eux à son gré. N*ai- « mant personne, connue pour telle, on ne pouvoit se défendre « de la rechercher. Enjouée, gaie^ plaisante avec le sel le plus « fin, elle avoit passé sa Jeunesse dans le frivole et dans les « plaisirs. Beaucoup d'esprit, mais peu de conduite pour les ff choses de longs cours, méprisante, piquante et fort capable de « haine, et alors méchante, Implacable, féconde en artifices < noirs et en chansons des plus cruelles. »

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ne fit qu'en rire ; on ne scmgc pas aux pèlerinages; il y a autant de différence ici avec les catholiques de l'Allemagne qu*avec ceux ditalie et d'Espagne.

On dit que le roi Guillaume est atteint d'hydropisie et qu'il est mortellement malade : il serait dommage qu'un roi aussi habile Yécût aussi peu ; ce dont on l'accuse n'est que trop vrai. Les Anglais qui sont venus ici avec l'ambassade de milord Portland n'ont pas fait difficulté de omveoir qu'à leur cour les choses sont tout comme ici ; ce qui est une grande marque des vices de ce roi , c'est qu'il ne montre nul souci des femmes ; le roi Charles n'aimait qu'elles ; ce n'est pas de H"'* de Mazarin qu'il a été amoureux , mais de M*"' de Portsmouth et d'une actrice.

Yei'sailles, 10 décembre 1701,

Mon contrat de mariage a été dressé aussi misérablement que si j'étais la fille d'un bourgeois ; je ne puis comprendre que l'électeur me l'ait fait signer; ma maison est si grande que, bien que le roi me donne 250,000 francs de pension, il me manque encore une somme égale à celle qu'il me donne pour pouvoir m'entretenir selon mon rang.

Tout est ici extrêmement cher et hors de prix.

VeiMiUes, 13 déceinbre 1701.

Ce qu'on dit du roi Guillaume n'est que trop vrai: mais tous ces héros se proposent pour modèles Hercule, Thésée, Alexandre, César, et tous ces personnages avaient leurs favoris. Ceux qui s'adonnent à ce vice et qui croient dans la sainte Écriture, s^imaginent

DE MADAMC LÀ DtlCHBSftR D*ORLÉANS. M

qiie c'était SDulement un péclié lorsqu'il y ftvaîi p«i de gens dans le monde, et qu'on était ainsi eoitpable en empêchant qu'il ne se peuplât ; mais depois que la terre est toute peuplée, iU ne regardent plus cela que comme un diveriissemant; on évite cependant, acutant que possible, d'être accusé de ees yices permi le peufrie, maist entre gens de qualité, on en pcurle publiquement; on regarde comme une gentillesse de dire que depuis Sodome et Gomorrbe le Sogneur n'a puni personne pour ces méfaits* Vous me trouToïE sa* vante sur ce texte ; j'en ai maintes fois entendu par«> 1er depuis que je suis en France.

Celui qui veut servir Dieu dana la vérité, et d'après sa parole, doit chaque jour lire la sainte ItMtare; autrement nous resterons dans les ténèbres» Je suis persuadée que la bonne rdigion est celle qui est fondée sur la parole de Dieu et qui consiste à avoir Jésu»- Christ dans son cœur; le reste n'est que du verbiage de prêtres {pfafjen gesehwetz). Dans quelque religion que ce soit, ce n'est que par les œuvres que se mcmtre la vraie foi et qu'on peut juger qui fait bien. Aimer Dieu et le prochain, c'est la loi et les prophètes, comme notre Seigneur Jésu^Christ nous enseigne.

33 décembre 1701.

Vous confondez la marquise de Richelieu avec la duchesse : la duchesse est morte depuis longtemps, mais la marquise est horriblement débauchée ' ; elle

* tf M. le PriBce eut poormaltreMelamarqnlse de Richelieu, que Je nomme parce qu'elle ne iraut pas la peine d'être tue »

60 CORllËSPONDANCe

se mit une fois dans le lit de M. le Dauphin sans qu'il lui eût fait la cour ; quand il rentra chez lui, son valet de chambré lui dit : c Monsieur, une dame est dans votre lit, qui vous attend ; elle n'a pas voulu se nommer. » 11 entra, et vit la marquise. Le lendemain il raccmta l'aifaire à tous les seigneurs de la cour; elle vit encore dans un couvent près de Fontainebleau.

^ la comtesse de Zintzendorff a eu une intrigue avec Saint-Maurice, ce ne peut avoir été que pour remboursa à s(»i mari toutes les infidélités qu'il lui a faites, car il se livrait à des débauches de toutes sortes^ ; mais je suis bien de votre avis, qu'il est impossible d'avoir de l'amour pour Saint-Maurice.

On apprend de Paris des histoires fort étranges. La fille d'un bourgeois qui était assez riche, et âgée de quatorze ans, fut enlevée par un jeune homme, et devint enceinte; elle fut assez adroite pour cacher la chose, et elle accoucha en secret d'un enfant, qu'on porta de suite aux Enfants trouvés : elle lui fit une marque pour le reconnaître plus tard. Pendant deux

(Saint-Simon). Les recueilB manascrits offrent, à diirenes reprises, des couplets relatifs à cette dame ; en Toici un que Ton peut transcrire.

Richelieu, tou» toulei plaire

A notre aimable Dauphin ;

Mais croyez que c'est en tain,

Car it ne tous veot rien faire.

Gonti, qui tous a quitté, \

A bien gâté vos affaires,

Conti, qui TOUS a quitté,

L*en a beaucoup rebuté.

> Er soîle mit Mans-tmdt Weibspersonen zu (kun gehali habm.

ans elle en eut soin ; elle allait le voir, et lui fournissait ce qui lui était nécessaire. Un riche marchand de Paris devint amoureux de cette créature et l'épousa; mais comme ses visites à l'hospice des Enfants trouvés lui donnaient des soupçons, elle cessa de les faire. Après avoir vécu vingt ans avec son mari, il mourut, lui laissant toute sa fortune. Elle avait un grand penchant pour le premier garçon de boutique de son mari, et il l'aimait aussi. Un jour elle s'aperçoit que son mari a sur le ccnrps un signe pareil à celui qu'elle a fait à son enfant; elle court aux Enfants- trouvés, et demande ce qu'est devenu le jeune homme dont elle avait pris soin. On lui répond qu'en grandissant il avait montré du goût pour le commerce, et était entré chez un riche marchand dont on lui dit le nom, et c'était celui de son mari défunt. La femme ne put pas dout^ davantage que son second mari ne fût .son fils. Elle alla trouver son confesseur, et lui raconta la chose : le confesseur lui ordonna de tenir l'histoire secrète et de ne pas avoir de commerce avec son mari jusqu'à ce que la Sorbonne ait décidé à cet égard, et Ton ne sait pas encore ce que sera cette décision.

Verflailles, 28 décembre 1701.

Il arrive rarement qu'un mariage soit aussi bien assorti que celui du prince de Nassau-Siegen et de la princesse Françoise de Hesse-Hombourg ; il faut que ce prince ait eu quelque incommodité qui fût contraire au mariage, ou qu'il ait été un pliénLx, car je ne crois pas qu'il puisse y avoir au monde un jeune homme qui, à moins d'une inclination, s'abstienne de la débauche,

mais il y a des gens qui ont plus de pudeur que d'autres et qui peuvent mieux cacher leur jeu ; ce sont souvent les plus dangereux et ceux chez qui les vices restent le plus enracinés.

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