‹ Correspondance complète de madame duchesse d'Orléans née Princesse Palatine, mère du régent; traduction entièrement nouvelle (volume 5)Chapitre 100 sur 164 · Massillon · texte numérisé non relu

Massillon

qu'il pût être, ne me peut réjouir. Je tiens la chose pour bonne, mais non pour réjouissante...

Avant que la seconde princesse^ et le prince de Prusse.se marient, il passera bien de l'eau sous le pont, comme on a coutume de dire à Heidelberg. L'état de reine, je ne le tiens pas pour le plus heureux; de ma vie je n'aurais voulu en être une. On subit une contrainte plus grande que toute autre. On n'a nul pouvoir, on est comme une idole ; il faut tout endurer et être contente quand même. C'est ce qu'on peut appeler un sot meslié, ce n'est que fumée et vanité, rien de solide...

... On ne me hait pas en Alsace parce que, du vivant encore du feu roi, j'ai été assez heureuse pour rendre quelques services à la noblesse du pays. J'ai révélé au roi que quelques coquins avaient le dessein d'opprimer cette noblesse et qu'on ne voulait pas laisser ses suppliques arriver jusqu'au roi. Je les lui ai remises et les braves gens m'en sont reconnaissants. En France, je ne suis pas fort aimée, à ce que je crois, hormis à Paris où l'on ne me veut pas de mal. On me sait gré de vivre selon mon rang...

Paris, lc2ô mars niO.

... C'est aujourd'hui mon jour de lecture de la Bible. J'ai déjà lu quatre psaumes, quatre chapitres de l'Ancien Testament et quatre du Nouveau. A propos de Bible, un pasteur de Berlin m'a envoyé un Nouveau Testament; celui qui l'a fait s'appelle M. Lenfant, et

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