‹ Correspondance complète de madame duchesse d'Orléans née Princesse Palatine, mère du régent; traduction entièrement nouvelle (volume 5)Chapitre 109 sur 164 · Battue par Byng à Syracuse (15 août · texte numérisé non relu

Battue par Byng à Syracuse (15 août

DE MADAME, DUCHESSE D'ORLÉANS. 2(iri

une machination de prêtres, je n'en mettrais pas la main au feu que les Jésuites ne Taient pas ourdie, car ils sont impitoyables vis-à-vis des autres religions... De tout temps les disputes et les querelles m'étaient insupportables; pour avoir la paix on devrait, supprimer la quatre-vingtième question'. A vrai dire elle est formulée trop durement. On aurait bien pu ne pas mettre cela. On ne devrait par employer d'expressions aussi dures en parlant d'une chose qui se fait en mémoire de la passion et de la mort du Christ...

Saint-Cloud, le 4 juin 1719.

... Hier mourut à Paris, à quatre-vingts ans, un homme à qui Dieu veuille pardonner tout le mal qu'il m'a fait durant les trente années que j'ai passées avec mon mari. C'est le marquis d'Efflat. Il a été grand-écuyer et grand-veneur de Monsieur et de mon fils aussi. Il a légué à ce dernier une terre avec une belle maison-. Mais il ne l'a pas voulu accepter, il l'a rendue aux héritiers. D'Effiat était énormément riche, il avait dans sa chambre des tonnes et des caisses pleines d'or, si bien que dernièrement, lorsqu'il y avait le feu chez lui, six hommes n'ont pu les faire bouger de place tellement elles étaient lourdes. Il ne laisse pas d'enfants, rien que des collatéraux...

... D'aller en calèche, cela ne m'échauffe pas le

1. Du ratéchisme réformé de Ilcidclberg. I.a messe y est trailcc d' « idolJltric maudite ».

2. « La tcrro et la bcUo maison de CliiUy. » (Daugeau, samedi 3 juin niO.)

moins du monde, moi qui ai pendant trente ans chassé le loup et le cerf à cheval et pendant dix autres années suivi la chasse en calèche;, j'y suis comme dans mon lit, toutes mes voitures sont douces comme une barque sur l'eau, elles sont toutes à ressorts... .

Ce Haw est-il le fils de l'oncle Robert ^ ? Car, si je ne me trompe, sa comédienne s'appelait Haw. Aux gens qui ont servi au divertissement des grands, ceuxci feront toujours un sort. Il en a été ainsi de tout temps et il en sera de môme jusqu'à la fin du monde. J'ai oublié de vous dire que j'ai hérité du gouvernement de d'Efflat. Il était gouverneur de Montargis, et, avec l'assentiment de mon fils, j'ai donné ce gouvernement à mon Wendt- ; il en est digne, lui, car il m'est aussi fidèle que l'autre m'était opposé...

]\/[mc d'Orléans'', étant abbesse, est suivie partout de deux nonnes qui sont de service auprès d'elle. Entre nous soit dit, un couvent n'est autre chose qu'une cour mal gouvernée. Ma tante l'abbesse de Maubuisson n'a jamais voulu avoir ce service auprès d'elle. i( J'ai quitté le monde, disait-elle, pour ne plus voir de cour «, elle retroussait sa robe et allait se promener seule dans tout son couvent et dans le jardin, riait de tout et d'elle-même et était bien drôle. Elle

1. Le comto palatin Robcft, fils d'Elisabeth Sluart, général de Charles l^^ dails les guerres de la Révolution.

a. Uangeau, samedi 3 juin 1719 : « Madame a obtenu pour Vintes^ qui est un Allemand, son éouyerj attaché à elle de tout temps, le gouvernement de Montargis ; il y a SjOOO francs d'appointements et la ville donne encore quelque chose au gouverneur. » Montargis était le douaire de Madame. Nous avons d'aillaurs vu que Wcndl s'était fait naturaliser (lettre du 16 avril ni9).

Page 1