‹ Correspondance complète de madame duchesse d'Orléans née Princesse Palatine, mère du régent; traduction entièrement nouvelle (volume 5)Chapitre 114 sur 164 · Rioms était à l'armée iiiiand la lUicIu'ssc mourut · texte numérisé non relu

Rioms était à l'armée iiiiand la lUicIu'ssc mourut

aussi. En outre ses gens n'étaient pas régulièrement payés. Rioms grappillait, la Mouchy aussi ..

L'électeur palatin aurait bien besoin aussi d'un M. Law qui mît de Tordre dans ses affaires et réglât ses finances...

Saint-Cloud, le ~ soptembrc 1":9;

... C'est aujourd'hui la fête de Saint-Cloud... c'est pourquoi je vous envoie mon visage de chat-singe-ours, comme S. G. l'électeur notre père avait coutume de dire; je pense que mon portrait vous sera tout aussi agréable que la petite boîte que j'ai coutume de vous envoyer chaque année. Je vais à l'avenir pouvoir vous faire de plus beaux cadeaux, car mon fils a augmenté mon revenu de cinquante mille écus français, ce qui fait cent soixante mille francs ; me voilà donc riche, comme vous voyez, chère Louise...

Saint-Cloud, ce mercredi 13 septembre 1719.

... Il faut que demain... j'aille à Chelles où se fera la bénédiction de notre jeune abbesse... Ce sera une journée bien désagréable pour moi, car premièrement je suis fort chagrine de ce que cette jeunesse se soit fourrée dans un couvent, ce dont nous retirerons, je le crains, peu de joie et peu d'honneur; secondement, la cérémonie durera deux heures entières, et troisièmement, il me faudra voir force nonnes et novices, ce qui m'est contraire aussi...

Je n'ai pas peur du tout des serpents; je les touche de la main. Je ne sais si vous en avez gardé le souvenir, mais j'avais à Heidelberg, devant mes fenêtres, II. IG.

des petites caisses vitrées remplies de son, avec des serpents dedans...

C'est ce qu'on peut faire de mieux, de ne pas parler du tout de la pauvre duchesse de Berry. Plût à Dieu que j'aie moins de motifs de me consoler de sa mort! C'est pire que tout ce que vous sauriez imaginer..,

Saint-Cloud, le 17 septembre ITIO,

... Nous arrivâmes à Chelles à neuf heures et demie; mon petit-fils le duc de Chartres était déjà arrivé. Un demi-quart d'heure après nous arriva mon fils, et au bout d'un égal laps de temps, M"'^ de Valois. 1M""= la duchesse d'Orléans a fait exprès de se faire tirer du sang pour n'être pas de la cérémonie, car elle et l'abbesse ne s'entendent pas toujours fort bien. Mais même si ceci n'avait pas été, sa paresse naturelle ne lui aurait pas permis de venir; elle aurait été obligée de se lever de trop bonne heure pour aller à Chelles. Peu après dix heures, nous allâmes â l'église. Le prie-dieu de l'abbesse était dans le chœur des nonnes, il était en velours violet tout couvert de fleurs de lys d'or brodées sur rétofl"e. Mon prie-dieu était contre la balustrade de l'autel; mon fils était à mes côtés; sa fille était derrière ma chaise, car les princesses du sang n'ont pas le droit de s'agenouiller sur mon drap de pied; ce droit n'appartient qu'aux petits-enfants de France, tels que mon fils et ma fille... Toute la musique du roi était dans la tribune ; elle chanta un beau modet. Le cardinal de NoaillGS officiait... 11 vint douze moines de l'ordre de

ma petite fille, en chasubles brodées , pour servir la messe. Après que le cardinal eut lu Tépître, le maître des cérémonies alla dans le chœur des nonnes et chercha Tabbesse. Elle vint. Elle avait vraiment bonne façon. Deux abbesses et une demi-douzaine de nonnes de son couvent la suivaient. Elle fit une grande révérence à l'autel, une autre à moimême, puis elle gravit les degrés et s'agenouilla devant le cardinal, qui était assis devant l'autel dans une grande chaise à bras. On porta en cérémonie la confession de foi h rabl)esse, elle la lut, puis elle s'étendit sur la dernière marche de l'autel à plat ventre. Le cardinal prononça sur elle beaucoup de prières et il lut l'Évangile aussi. Les deux abbesses qui l'avaient suivie l'enlevèrent alors ; elle se mit de nouveau à genoux devant le cardinal, il lui donna un livre contenant la règle du couvent, et après cela, on la reconduisit à sa place. En attendant, on lisait le credo et l'offertoire; ensuite on rapporta sa chaise à bras au cardinal, et les douze moines vinrent chercher l'abbesse pour l'offrande. Celle-ci revint à l'autel, accompagnée des mêmes personnes qu'avant : on lui apporta comme offrande deux grands cierges, deux pains, dont l'un était doré et l'autre argenté, de plus, deux tonnes ^ l'une toute dorée comme le pain et l'autre argentée. Quand elle ent présenté en cérémonie tous ces objets à l'officiant, on la reconduisit à sa place. Quand on en fut à la communion et que le cardinal eut communié, on alla chercher l'abbesse.

'28i CORRESPONDANCE

Elle avait en ce moment le voile tiré sur la figure et les mains levées; elle alla à l'autel, communia, puis retourna à sa place et le cardinal acheva la messe, moins la bénédiction. Alors les douze moines en chape allèrent avec le maître des cérémonies prendre l'abbesse et ses nonnes; elle s'agenouilla derechef et le cardinal lui donna la crosse. Alors elle se leva et, tenant la crosse à la main, elle se tourna vers le chœur, de facjon que toutes les nonnes la vissent. Les douze moines marchèrent devant; elle donna la crosse à la nonne qui a charge de la porter, et le cardinal la mena non pas à son prie-dieu, mais au siège de l'abbesse, à l'autre bout du chœur. Au-dessus était un dais de princesse du sang, avec des fleurs de lys et les armes de ma petite-fille. Pendant qu'elle s'y rendait, les trombones, trompettes et hautbois jouèrent. Dès qu'elle fut sur son trône, le cardinal avec tous ses prêtres retourna à l'hôtel et se plaça à gauche, et la musique chanta le « Te Deum laudamus ». Cela dura une bonne heure. Pendant qu'on le chantait, les nonnes s'avancèrent deux par deux et firent acte de soumission à l'abbesse en lui faisant de grandes révérences. Cela me rappela la scène où Athis '- est proclamé grand-prêtre de Cibelle. Là aussi l'on vient deux par deux faire des révérences. Je croyais qu'on allait se mettre à chanter comme dans l'opéra :

Que devant vous tout s'abaiso et tout tramlile! Vives heureux! "Vos jours sont notre espoir. Rien n'est si beau que de voir ensemble Un grand mérille avec un grand pouvoir, clc.

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