‹ Correspondance complète de madame duchesse d'Orléans née Princesse Palatine, mère du régent; traduction entièrement nouvelle (volume 5)Chapitre 13 sur 164 · Byblis. Cyane. {Mclanwr])hûS"s d'Ovide · texte numérisé non relu

Byblis. Cyane. {Mclanwr])hûS"s d'Ovide

pas ce que cela voulait dire, mais quand j'entrai dans la cour intérieure et que je descendis de voiture, une bourgeoise que je ne connais pas vint à moi et dit : « Savez-vous, madame, qu'il y a une révolte dans Paris qui dure depuis quatre heures du matin? » Je crus qu'elle était folle et me mis à rire, mais « je ne suis pas folle, madame, dit-elle, ce que je vous dis est très vray et si vray qu'il y a déjà liO personnes de tues «. — Est-ce vrai? demandai-je à quel(iues-uns de mes gens. « Ce n'est que trop vrai 1 répondirent-ils et c'est pour cela que nous avons fermé les portes du Palais-Royal. » Je demandai la cause de la révolte. La voici :

On travaille au rempart et à la porte Saint-Martin et on donne à chaque ouvrier trois sous et une miche de pain. Il y en avait deux mille. Mais ce matin-là, sans qu'on s'y attendît, il en vint quatre mille qui demandèrent à grands cris du pain et de l'ouvrage. Comme on ne pouvait faire droit à leur demande et qu'une femme se montrait fort insolente on la prit et la mit alancan ^ Alors commença le tumulte : aux quatre mille étaient venus se joindre six mille autres qui arrachèrent la femme du carcan.

Il s'était mêlé à la foule beaucoup de laquais sans place qui se mirent à crier qu'il fallait piller. Ils coururent aux boulangeries et les dévalisèrent. On appela les soldats de la garde pour tirer sur la canaille. Mais ils s'aperçurent qu'on n'avait pris ce parti que pour les eflrayer et que les mousquets n'étaient

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