III
tions, des aveux! Non, monsieur, mon parti est pris, il faut enfin renoncer à moi ou à Julie : ce n'est qu'à ce prix que je puis consentir à vous voir; je sens que je ne peux plus vivre dans le trouble et l'agitation : il faut expliquer, en présence de Julie et de moi, tout ce que vous sentez pour l'une et pour l'autre; il faut que celle que vous aimez n'ait plus rien à craindre et qu'un mariage l'unisse à vous. Voyez, Octave, à quoi vous voulez vous résoudre; il faut que demain je sois liée à vous pour jamais ou qu'un couvent me serve d'asile et me garantisse contre les retours de ma tendresse.
OCTAVE
Un couvent! charmante Cidalise, ah'! que me dites-vous? Gomment pourrai-je consentir à perdre tout ce que j'aime? Non, Cidalise, je ne vous perdrai jamais, je serai demain uni à vous; que Julie s'afflige, se désespère, mon bonheur est tout ce que je vois. Je vivrai donc pour vous et avec vous; le monde entier ne me sera plus de rien, je n'aime que Cidalise, je ne veux qu'elle! Mon transport ne peut s'exprimer; mais vous, Cidalise, le partagez-vous? Ferez-vous votre bonheur de vivre avec moi ?
CIDALISE
Ce que j'entends, est-il bien vrai? N'est-ce point encore une illusion? Cher Octave, ôtes-vous sincère? n'ai-je plus rien à craindre de votre légèreté? Quoi! vous m'aimez uniquement? Oui, je le crois, vos transports me le persuadent trop bien; vous m'avez donc toujours aimée? Cette Julie n'était donc qu'une amie ordinaire? Que j'ai été injuste! Me le pardonnez-vous? Je vais bien réparer mes torts aujourd'hui; cette Julie me devient chère, elle vous aime, j'en ferai ma meilleure amie, elle m'aimera par rapport à vous! Je suis aimée d'Octave, rien ne m'inquiète plus, je trouverai tout en lui... Mais voici Léandre; quelle sera sa surprise!