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tique, et n'a point d'égal parmi les philosophes moralistes. Son Discours sur les sciences ^ si remarquable pour le style, n'est peut-être, quant au fond des idées, qu'une déclamation brillante. Son Discours sur l'inégalité y bien plus fortement écrit, et surtout bien plus riche de pensées, contient le germe de tous les ouvrages qui, depuis, ont étendu et affermi sa réputation. Ainsi, dans le commencement de cet âge illustre que l'on veut en vain décrier, quelques - unes des Lettres persanes annonçaient X Esprit des Lois , et révélaient tout Montesquieu.
La Nouvelle Héloïse méritait l'enthousiasme qu'elle excita quand elle parut. Il était sans doute facile d'apercevoir les imperfections du plan; elles n'ont pas échappé à la critique, pas même à celle de l'auteur; mais combien elles sont rachetées par des beautés de fonds et de détail, aussi nombreuses que supérieures î Quinze ou vingt lettres , diversement admirables, n'auraient pas dû encouragera composer des romans dans cette forme. Du reste , il est à désirer que nos romanciers actuels copient un peu moins la Nouvelle Héloïse , et qu'ils l'étudient davantage. En la relisant avec un bon esprit, ils y trouveront de l'éloquence sans phébus, de la sensibililité sans pathos , de la passion sans mouvements convulsifs , et des expressions neuves sans néologisme.