SUR 1 /ÉTABLISSEMENT DEL OPÉRA
Il va quelque tems que des Commissaires, nommés par des mandataires provisoires de la Commune, ont fait imprimer un rapport relatif aux spectacles. Ce rapport est, dit-on, l'ouvrage d'un Lieutenant de maire provisoire; ce n'est, du moins, ni celui d'un politique , ni celui d'un homme de lettres.
On lit dans ce Mémoire que tous les spectacles appartiennent à la Commune : cette assertion me parait fort étrange. En effet. Messieurs, déclamer, chanter, danser en public, pour un prix désigné, c'est un moyen de faire valoir une industrie légitime. Il faudrait, pour être conséquent, affirmer que l'industrie de chaque citoyen est la propriété de la Commune. L'absurdité évidente de cette proposition démontre l'absurdité de la première.
Dans l'ancien régime^ les spectacles appartenaient, par le fait, à des agens du pouvoir exécutif, tels que le Ministre de Paris pour l'Opéra, et les Gentilshommes de la chambre pour les autres grands spectacles. Ils usaient de ces établissemens comme de leur patrimoine, et distribuaient l'argent donné par le public, non pas aux individus dont les talens étaient les plus chers au public , mais à leurs maîtresses et aux amis de leurs valets de chambre. Si la succession du Ministre de Paris était, en cette partie , à la convenance de quelques magistrats municipaux,conviendrait-ilaux citoyens