HE R MITE A STIELTJES
Paris, 29 juillet i885.
Monsieur,
Permettez-moi de vous informer que M. Lipschilz m'écrit s'être vivement intéressé à ce que vous avez publié, dans les Comptes rendus, sur la fonction Ç(s) de Riemann. L'éminent géomètre ajoute que, lui-même s'est, à plusieurs reprises, occupé de cette fonction el que, dans son Mémoire du Tome XGV1, page i(5 du journal de Berlin, intitulé : Beitrage zu de/' Kenntniss der Bernouillschen Zahlen, il a déduit de la formule générale de Riemann
la relation "Ci — 2/1+1)= > dont il a fait ensuite plu-
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sieurs applications. Peut-être, Monsieur, penserez-vous devoir citer ce travail de M. Lipschilz quand vous en aurez l'occasion en publiant plus tard, dans les Comptes rendus, la suite de vos découvertes sur ce sujet.
Permettez-moi aussi de vous faire part d'une intention (pie nous avons eue, M. Darboux et moi, en vous demandant s'il vous conviendrait d'obtenir le titre de Docteur de la Faculté des Sciences de Paris, qui vous ouvrirait l'accès dans notre enseignement supérieur, et vous conduirait certainement, si toutefois une telle situa lion vous paraissait acceptable, à devenir professeur dans une Faculté des Sciences de province, en attendant que nous puissions vous ménager une position digne de vous à Paris.
l66 CORRESPONDANCE IÙIKHMITE ET DE STIELTJES.
Nous avons tout lieu de penser que nos collègues de la Sorbonne accueilleronl favorablement la demande qui leur serait faite en notre nom de déclarer au Ministre de l'Instruction publique qu'en raison de l'importance el de l'éclat de vos travaux analytiques, il v ;i lieu de vous accorder la dispense du titre de licencié, et de vous autoriser à présenteret soutenir votre thèse, sans avoir à justifier d'aucun grade universitaire.
\|. Darboux doit quitter Paris dans le courant de la semaine prochaine; mais peut-être pourriez-vous le voiravantson dépari, et lui faire connaître si le projet, dont nous avons eu l'idée, aurail votre agrément. Vous auriez de lui. en même temps, sur la question, tous les renseignements que vous pourriez désirer : quanta moi, c'esl demain déjà que je pars pour les eaux de la Bourboule, où m'envoie mon médecin. Je pense. Monsieur, que vous voudrez bien voir, dans cette ouverture, un témoignage de la haute estime que vous avez inspirée aux géomètres français, et c'est dans cet espoir que je vous renouvelle, avec mes vœux pour le succès de vos travaux, l'assurance de mon entier dévoûment.