‹ Correspondance d'Odet de Coligny, cardinal de ChatillonChapitre 15 sur 36 · Premier médecin d’Henri II. Cf. Lettre XXXVI · texte numérisé non relu

Premier médecin d’Henri II. Cf. Lettre XXXVI

4. Cette lettre non datée doit être attribuée, selon toute vraisemblance, à la fin de mars i558.

de vostre fille à la religion*, qu’elle soit satisffaicte de la volonté qu’elle en a.

(man. propr.) Madame, pour la poyne en quoy je vous veoys du long temps qu’il y a que n’avés eu des nouvelles de monsieur le conestable, je vous envoyé une lettre que m’a escript Warlusel, quy est guydon de monsieur de Savoye*, par laquelle vous veirés l’espérance qu’y me veult donner, Dieu velle qu’elle puisse estre vraye. J’ai veu la lettre que monsieur le conte d’Orne 8 vous escript quy est assés honeste pour le païs; il fauldra veoir sy faict ce qu’il promet.

Vostre très humble et obéissant nepveu,

Le cardinal de Chastillon.

[Original], B. N.,/, français , 3i3ç, fa 52.

A ‘Monseigneur, Monsieur le cardinal de Lorraine .

Monseigneur, aiant le Roy advisé d’envoyer Pépin en la place de monsieur Chappellain devers monsieur le connestable pour

1. Le connétable eut trois filles qui se firent religieuses. C’est sans doute de l’aînée, Anne, son dixième enfant, qu’il s’agit ici. (P. Anselme, III. p. 229.)

2. Fils du duc de Savoie Charles III, né, à Chambéry en 1528, Emmanuel-Philibert hérita, âgé de cinq ans, des Etats de son père, en fut dépouillé par François 1er (i5jq), servit Charles-Quint dans sa lutte contre la ligue de Smalkalde (1547), s’illustra au siège de Metz ( 1 552), reçut l’année suivante le commandement des troupes espagnoles dans les Pays-Bas et gagna pour Philippe II (10 août i557) la bataille de Saint-Quentin. Deux ans plus tard, le traité de Oatcau-Cambrésis lui douna la main de Marguerite, sœur de Henri II, et lui rendit son duché, moins quelques places qu’il arracha dans la suite (1574) à la faiblesse de Henri III, revenant de Pologne. Il mourut en i58o. (Moréri, art. Emmanuel-Philibert.)

3. Philippe de Montmorency, né en 1522, était fils de Joseph de Montmorency, seigneur de Nivelle, et d’Anne d’Egmont, qui épousa en secondes noces le comte Jean de Hornes; à la mort de son beau-père, il hérita de ses biens et de son nom et se trouva le plus riche seigneur des Pays-Bas. Attaché de bonne heure à Charles-Quint, il fut gouverneur de la Gueldre et se distingua à la bataille de Saint-Quentin dans les rangs espagnols. Lié avec Guillaume, prince d’Orange, il essaya en vain de le ramener au parti de Philippe II. Il n'en fut pas moins arrêté avec le comte d’Egraont, à Bruxelles, comme ayant des intelligences politiques avec Guillaume et décapité. (P. Anselme, III, p. 578.)

ne se trouver M r Laurens Crabre en estât de pouvoir faire le voyage, je vous ay bien voulu supplier, monsieur, de mander à monsieur de Savoye qu’il veuille luy donner sauf-conduict pour s’y en aller et par mesme moyen audict Chappellain pour s’en revenir pardeçà servir Sa Majesté de l'estât de premier médecin au lieu du dernier mort. A quoy ne doubtant point que ne vous soie aussi affectionné que moy, ne vous en feray autre discours, sinon, pour fin de la présente, après m’estre très humblement recommendé à vostre bonne grâce, prieray le Créateur, monsieur, qu'il vous doint en parfaicte santé très heureuse et longue vie.

De Champs-sur-Marne *, ce vm e jour de may i558.

(man. propr.) Monsieur, je vous supply en voulloir toucher quelque mot à madame de Lorraine*, affin que ledict Pépin puisse passer de pardelà plus seurement.

Vostre très humble et obéissant serviteur,

Le cardinal de Chastillon.

[Original], B. N.,/, français , 6611, fo 57.

XXXVIF

A ‘Monsieur de La Vigne \

Conseiller du Roy et son ambassadeur à la Porte du Grand-Seigneur. Monsieur de La Vigne, j'ay receu la lettre que vous m’avez escript par le sieur de Boistaillcr 8 et auparavant vous avois

1. Champs-sur-Marne , canton de Lagny, arrondissement de Meaux (Seine-et-Marne).

2. Claude de France, seconde fille de Henri II, née le 12 novembre 1547, mariée le 5 février i553 au duc de -Lorraine Charles II.

3. Partiellement imprimée par M. Delaborde ( op . cit., I, p. 33o).

4. Jean de La Vigne, après avoir été chargé, dans le cours des années i555, i556 et i 557, de différentes négociations en Pologne et en Turquie, remplissait alors une mission de confiance pour apaiser les dissentiments survenus entre les représentants de la France en Orient à l’occasion d’abus commis par quelques-uns d’entre eux. (Georges Guiffrey, Lettres de Dianne de Poyliers , p. 159, n. 1.)

5. Nicolas Hurault, seigneur de Boistaillé, conseiller au parlement en i52i, mort au mois de juin i56o, et enterré dans l’abbaye de Morigny-

faict response à voz précédantes mesmes remercié de la terre sigillée * dont me faictes mention par ceste dernière, aiant au demourant esté fort ayse de sçavoir ainsy particulièrement des affaires de delà comme m'en a faict entendre ledict Boistailler, lequel je vous puys asseurer avoir laissé le Roy fort satisfaict et content de la charge que luy avyez donné, de laquelle aussi il s'est très bien acquitté. Et pource, monsieur de La Vigne, que monsieur de Charlus * présent porteur vous sçaura très bien informer de toutes choses de par deçà, je m'en remettray sur luy sans m'estendre pour ceste heure à vous en dire davantage avec ce que j'espère, puysque vous venez avecques l'armée de mer, comme j'entendz que vous faictcs, que nous pourrons vous veoir dans peu de temps. Cependant, me recommendant à vous de bon cueur, je pryray le Créateur vous donner, monsieur de La Vigne, en santé ce que désirez.

De Fontenay 8 , ce xm e jour de may i558.

(man. propr.) Je vous advise que monsieur le conestable se porte fort bien, n'ayant pour [le] désastre quy luy est advenu perdu riens du courage qu'il a [au] service de son maistre, comme il a fort bien faict parestre à monsieur de Savoye quy l'est allé veoyr pour les sages et graves responces qu'il luy a faict. J'espère que Dieu nous le ramènera bientost*.

Vostre bien bon amy,

[OriginalJ, B. N.,/, français, 4129, fo "5.

lès-Etampes (Seinc-et-Oisc), dont son frère aîné Jean, décédé le 3o avril précédent, était comraendataire. (La Chesnaye-Desbois, X, col. 900.)

Page 1