‹ Correspondance d'Odet de Coligny, cardinal de ChatillonChapitre 17 sur 36 · XXXIX · texte numérisé non relu

XXXIX

A * Monseigneur , Monsieur le conestable %

Monseigneur, le Roy me vient tout présentement de commender que j’aye à vous faire entendre ung ouverture que je luy feis avant hyer touchant votre rensson, que monsieur de Savoye ne vous peust honestement refuser après tant d’honestes langages qu’il vous a faict tenir, quy est que sy l’on vous voulloyt tenir tousjours en suspens, que advenant la paix que l’on vous vouldroit beaucoup moins demender pour vostre rensson, que sy la guerre continuoyt qu’il advise à prendre des respondans sy sufiisans que vous n’ayez plus que à payer ce à quoy l’on vous aura mis de rensson. Sadicte Majesté a vollu que je vous aye envoyé ung de mes gens exprès pour vous en faire tout le discours, par quoy, monsieur, il vous plaira croyre ce porteur que vous cognoiscés de ce que il vous dira tant sur ce propos que d’autres particularités que je luy ay donné charge vous faire entendre, et mesmes du soing que le Roy a de [votre] retour; car il n’y a heure là où il ne trouve à propos qu’il ne m’en parties, et parest bien au langage qu’il tient quy luy tarde mervelleusement de vous ravoir auprès de luy, dont je ne me tays, car il a affaire à d’estrenges personnes*, comme j’espère qu’entendrés par cy après.

Monsieur, je ne vous feray plus longue lettre pour ceste heure, pryent Dieu qu’il vous doinct bientôt estre hors de là où vous estes.

bataille de Saint-Quentin, ramassa les débris des troupes françaises après leur déroute et mourut le i3 février i562. Il avait épousé, le 19 janvier i538, Marguerite de Bourbon, seconde fille du duc Charles de Vendôme, qui mourut le 20 octobre 1589. (P. Anselme, III, p. 450.)

1. Une lettre de Henri II au connétable, imprimée par M. Delaborde (op. cit.j I, p. 353), fait allusion à cette missive du cardinal.

2. Les « estrenges personnes » dont il est ici question, n’étaient autres que les Guises qui entravaient par tous les moyens possibles la rentrée en France des prisonniers de Saint-Quentin, Coligny et Montmorency. Cf. Delaborde, op. cit.j I, p. 345 et suiv.)

De Saint-Germain en Lave, ce dernier jour de novembre

Monsieur, je m’attens bien que, au retour de cedict porteur, vous me pourrés mander quelque chouse de plus asseuré tant sur vostre liberté que celle de monsieur l’amyral, dont j’en pry Dieu.

Votre très humble et très obéissant nepveu,

[Autographe!, B. N.,/, français, 3i39, fa 40.

[Au ‘Rpi].

Sire, nous arrivasmes hier environ les quatre heures après mydy en ceste ville, M r du Mortier et moy, et pour ne perdre une mynute de temps envoyasmes incontinent quérir ceulx que nous congnoissions se pouvoir employer pour le service de la charge et affaire qu'il a pieu à V. M. nous commander, et ce matin, après avoir receu les lettres que nous a apporté de vostre part le secrétaire Testu, nous avons donné tel ordre à la distribution d’icelles que bonne partie sera dcz aujourdhuy rendue à ceulx de par déçà à qui elles s'adressent, et mesmes avons déjà parlé à quelques ungs des principaux desquelz nous sommes asseurez de pouvoir tirer pour ce jour environ quarante mil livres, et quant aux autres, Sire, qui sont à vostre suite et de monsieur le cardinal de Lorraine et monsieur le connétable comprins au roolle qu'il vous a pieu nous bailler signé de vostre main ; nous en envoyons un roolle à monsieur Davanson*, affin de faire les diligences de dépescher devers

1. Les premiers pourparlers de paix eurent lieu en septembre 1 550 à Lille, puis en octobre à Cercamp.

2. Jean de Saint-Marcel, chevalier, seigneur d’Avançon et de Champsaur, maître des requêtes en juillet 1 5.49, puis président au grand conseil, conseiller d’Etat , ambassadeur à Rome , surintendant des finances. (G. Guiffrey, Lettres de Dianne de Portiers, p. 3o, n. 2.)

eulx et leur faire entendre vostre volonté là dessus, pour ce qu’il en aura beaucoup meilleur moyen et commodité de là où il est que nous d’icy. Nous mandons pareillement, Sire, audict sieur Davanson de nous faire tenir encore quelque nombre de lettres en blanc pour les remplir des noms de ceux de qui nous penserons, oultre les autres contenus par vostredict roolle, pouvoir recouvrer quelques sommes de deniers, espérans, Sire, que nous ne serons pas par Vostredicte Majesté désavouez. Si nous en pouvons assembler d’avantage que ne porte nostredicte charge et à mesure qu’il s’y advancera quelque chose, nous ne fauldrons de jour à autre vous en tenir adverty, Dieu aidant; auquel, après avoir présenté noz plus que très humbles recommandations à icelle Vostre Majesté, nous supplierons le Créateur, Sire, qu’il vous doint en très parfaicte santé très longue et très heureuse vye.

De Paris, ce i er jour de mars i558 (i559 n. s.).

Voz très humbles et très obéissants subjectz et serviteurs,

Le cardinal de Chastillon, Guillart.

[Copie moderne], B. N.,/, français , 20434, fo 41.

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