‹ Correspondance d'Odet de Coligny, cardinal de ChatillonChapitre 19 sur 36 · Cf. p. 40, n · texte numérisé non relu

Cf. p. 40, n

2. Nicolas Luillier, seigneur de Boulancourt, président en la chambre des comptes de Paris. (P. Anselme, II, p. 223.)

qui en soy n’est pas de moindre auctorité que celluy de lieutenant-civil ; et vous pouvons bien assurer, Sire, qu’il y a "jà longtemps qu’il l’exerce avec telle probité et dilligence . et tant au contentement de tous ceulx qui ont affaire à luy qu’il seroit bien malaysé de pourveoyr audict estât personne qui feust plus agréable à ceste ville que cestuy-là, lequel est de lieu et maison pour tenir une telle place. S’il plaist à V. M., il se retirera de la part que serez pour se présenter et vous faire la révérence, ou bien si vous trouvez qu’il soit meilleur, affin que les deniers qui doibvent venir de ce costé-là soient plus promptement receuz, d’envoier le brevet qui est nécessaire pour l’expédition de sa provision, il y pourra aller après pour en remercier Vos trc dicte Majesté.

Nous sommes tousjours à besongner et faisons en la charge qu’il vous a pieu nous donner tout le debvoir et dilligence qu’il nous est possible, de sorte que nous espérons (s’il ne survient autre chose qui pour vostre service nous feist encores demourer icy) en partir demain pour aller trouver V. M., à laquelle nous rendrons bien ample compte de tout ce que nous avons faict et luy ferons entendre, qui sont ceulx qui se sont trouvez les plus retifs à vous secourir, et lors vous congnoisterez, Sire, que la pluspart sont personnes qui ont receu plus de biens et de grâces de Vostredicte Majesté que ceulx qui se sont monstrez plus affectionnez à faire leur debvoir.

Avant que de partir, nous espérons laisser ès mains du commis du trésorier de l’espargne jusques à DCCO* M livres provenans desdicts prêts, en faisant lesquels, pour ce qu’il y en a qui présentent des ducatz, doubles ducatz et pistollez, et que par les lettres que nous avons eu de V. M. vous ne nous mandez sinon évaluer les escuz à 5 o solz, nous avons avisé que quant auxdictes autres espèces, ayant les doubles ducatz cours pour cent-dix solz et les pistolles pour 48, ils ne seront point évaluez par les promesses du trésorier de l’espargne, mais confessera simplement avoir receu lesdictes espèces qu’il désignera en nombre et par le menu, et icelles promettera rendre à ceulx qui en auront faict le prêt.

Pour le regard, Sire, de ce que vous désirez sçavoir qui

sont ceulx qui restent à rembourser des prestz qui feurent faictz pour vous à M r le cardinal de Lorraine, il n’y en a que trois que nous vous dirons estans vers vous, vous asseurant, Sire, quant aux prestz qui feurent faictz l’année passée à ceulx de vostre conseil dont vous nous parlez par vostre dicte lettre, nous n’avons jamais entendu parler qu’il en restast ung seul denier à payer.

Voilà, Sire, ce dont nous avons à vous advertir, attendant que nous aurons ce bien et heur de vous veoir; et cependant nous nous recommandons plus que très humblement à Vostre Majesté et supplions Dieu la conserver avec très henreuse et très longue vie.

De Paris, ce 6 e mars i558 (i559 n • 5 )-

Vos très humbles et très obéissants subjects et serviteurs,

Le cardinal de Chastillon, Guillart.

[Copie moderne], B. N., f. français , 20434, fa 43.

A Monseigneur y Monsieur le duc de Montmorency ,

Pair et conestable de France.

Monseigneur, le Roy partit hyer au matin de Vallery 1 2 pour s’en aller disner à Moret* et coucher à Fontainebleau, là où il doibt séjourner ung jour. Monsieur le cardinal de Lorraine partit le jour de devant pour l’aller attendre audict Fontaine-

1. Vallery , canton de Chéroy, arrondissement de Sens (Yonne). Le maréchal de Saint-André, favori de Henri II, y avait fait bâtir par Philibert Philibert Delorme un superbe château, existant encore aujourd'hui, dont sa veuve, Marguerite de Lustrac, devenue la maîtresse du prince de Condé, fit cadeau à son amant en 1564. (Cf. lettre LIX.)

2. Moret, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Fontainebleau (Seine-et-Marne).

bleau avec la Royne* et la royne d’Espagne*. La Royne mère du Roi sen va tout droict le chemin de Bloys et monsieur de Guise 8 avec elle. Je croy que le Roy* la reviendra trouver dans deulx jours. Il pensoient se mettre sur la rivière à Gergueau 5 , mais il eurent hyer au matin la nouvelles qu’elle estoyt trop basse. Je pence qu’il ne pourront faire la feste plus avant que CléryV

La Royne mère du Roy me balla hyer au matin une lettre qu’elle vous escript et me commenda fort expressément de vous escripre qu’elle vous prye de luy envoyer madame de Montmorancy 7 , vostre fille, me disant sur ce propos beaucoup de raisons qui luy font désirer de l’avoir auprès d’elle, tant pour vostre respect que pour l'amour aussy qu’elle luy porte et me répliqua deux ou trois foys ces propres mots : « Monsieur le cardinal , je vous pry de bien faire entendre à monsieur le conestablc V envie que le Roy et moy et la Royne ma fille aussy avons d'avoir madame de Montmorency , sa fille , avec nous , et que sa présence en ceste compagnie luy servira de beaucoup. » Voilà, monsieur, les propres mots que ladicte dame me redict deulx ou troys foys, quant je pris congier d’elle. Madame de Savoye me parlla de ce mesme propos fort longuement le jour

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