A MONSIEUR JOHN P. LÉONARD
5 avril 1856.
La chanson que vous m'envoyez a couru quelque temps à Paris sous mon nom, mais l'erreur n'a pas duré.
Il y a six ans au moins que je ne fais plus devers, non que j'y aie renoncé, mais l'âge a complètement tari ma pauvre veine.
Votre compatriote 1 ne sait pas que je n'ai chanté Napoléon Ier qu'après 1815. Quand on parle d'un individu, si peu qu'il soit, encore devrait-on savoir ce qu'il a fait.
Ne vous occupez pas, du reste, de cette niaiserie qui n'a pas fait de dupes à Paris.
Je ne vous en remercie pas moins bien sincèrement de l'intérêt que vous prenez à une vieille réputation aujourd'hui bien usée.
1 Le journal le Times avait publié une prétendue chanson de Béranger. L'er-
3or»
A MADAME BLANCHECOTTE
Vendredi, 5.
Que devenez-vous, ma chère enfant, au milieu de votre triomphe qui, sans doute, vous assourdit un peu?
J'espérais que vous me rendriez compte de votre visite à Villemain, que ma lettre avait préparé autant que cela est possible avec un semblable esprit.
Où en êtes-vous de vos autres affaires? Allez-vous toujours en Italie?
Si vous ne pouvez venir, donnez-moi au moins de vos nouvelles. Je vais un peu mieux depuis avant-hier.